La France peut mieux faire pour assurer une réussite égale aux élèves issus de milieux défavorisés, montre une étude publiée lundi par l'OCDE sur la base des données Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

L'école française peut mieux faire pour intégrer les élèves défavorisés et ceux issus de l'immigration, selon l'OCDE
L'école française peut mieux faire pour intégrer les élèves défavorisés et ceux issus de l'immigration, selon l'OCDE © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Selon la définition de l'Organisation de coopération et de développement économiques qui regroupe 36 pays, "l’équité en éducation signifie que le système éducatif fournit les mêmes chances d’apprendre à tous les élèves". 

Dans son rapport (rapport uniquement disponible en anglais) issu des données Pisa, l'OCDE indique que l'école ne parvient pas à corriger les inégalités sociales. 

Les adultes dont les parents sont diplômés de l’enseignement supérieur ont 14 fois plus de chance d’être également diplômés de l’enseignement supérieur que ceux dont les parents ont un niveau d’éducation moins élevé

La France ne donne pas les mêmes chances aux élèves issus de milieux défavorisés 

Seulement 17% des adultes avec des parents qui n’ont pas de diplôme du second cycle ont obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur, alors que c’est le cas de 73% des adultes avec des parents diplômés de l’enseignement supérieur, ajoute l'OCDE. 

Le rapport pointe aussi les résultats de l'évaluation Pisa 2015 : 

En France, environ 20% de la variation de la performance en sciences des élèves "est associée à des différences de statut socio-économique", alors que la moyenne européenne est de 13% au sein des pays de l'OCDE

Les élèves issus d'un milieu socio-économique défavorisé ont enregistré 118 points de moins en sciences que ceux issus d'un milieu favorisé, l'équivalent de presque quatre années de scolarité. L'écart moyen en des pays de l'OCDE est de 88 points. 

Le rapport pointe aussi le manque de mixité sociale

Selon l'OCDE, la moitié des élèves défavorisés en France sont scolarisés dans des écoles "au profil socio-économique défavorisé", une proportion très légèrement supérieure à la moyenne, et cela influe sur les résultats : les élèves qui sont scolarisés dans des établissements plutôt favorisés présentent "une performance moyenne supérieure de 134 points à ceux qui sont dans des écoles défavorisées". 

Les élèves français plutôt satisfaits malgré tout 

Près d'un tiers (31%) des élèves défavorisés en France "se disent satisfaits de leur vie, déclarent éprouver un sentiment d’appartenance à leur école et déclarent ne pas se sentir angoissés par les évaluations". La moyenne de l'OCDE est de 26%.  

Déjà la Cour des comptes avait alerté les pouvoirs publics français le 17 octobre dernier. Dans un rapport, elle estimait que 

La politique d'éducation prioritaire, qui vise à réduire les écarts scolaires liés aux origines sociales des élèves, n'avait pas atteint ses objectifs. 

Elle préconise notamment  de recentrer les efforts sur le primaire et les établissements les plus défavorisés.  Or, cette politique est celle sur laquelle s'appuient les gouvernements successifs depuis près de 40 ans pour aider les établissements situés dans des zones socialement défavorisées.  Elle concentre des moyens (1,7 milliard d'euros en 2017) au bénéfice de 20% des élèves dans plus de 1 000 réseaux réunissant collèges et écoles, dont 350 en éducation prioritaire renforcée (REP+), les autres en REP.  Son objectif était de réduire à moins de 10% les écarts de niveau entre les élèves scolarisés en éducation prioritaire et les autres.  

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