Les inégalités scolaires en France sont toujours aussi fortes, le constat semble toujours le même, mais pour la première fois des chiffres mesurent l'ampleur des écarts selon les quartiers.

Dans ces territoires les plus pauvres, le taux de réussite au brevet des collèges est deux fois faible qu'à Paris et dans les banlieues favorisées.
Dans ces territoires les plus pauvres, le taux de réussite au brevet des collèges est deux fois faible qu'à Paris et dans les banlieues favorisées. © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Une étude très fine s'est intéressée à la situation des collèges en Île-de-France où les inégalités sont les plus fortes et où est scolarisé un élève sur cinq. C'est une étude du Cnesco, le Conseil national de l'évaluation du système scolaire, qui a voulu savoir si les politiques éducatives compensaient les inégalités entre les élèves, selon leur quartier. La réponse est non.

Un élève d'un quartier défavorisé réussit deux fois moins qu'un élève de quartier favorisé

C'est même le contraire. Les politiques en matière de ressources humaines aggravent les inégalités, selon l'étude. En particulier en ce qui concerne le profil des enseignants recrutés dans les collèges les plus en difficulté. Comme l'explique Nathalie Mons, la présidente du Cnesco :  "Quand on regarde les enseignants de moins de 30 ans, ils sont trois fois plus nombreux dans les territoires défavorisés que dans les territoires favorisés. On a également trois fois plus de contractuels, explique la présidente du Cnesco. Dans ces territoires les plus pauvres, on a dans certains établissements  la moitié de l'équipe qui part tous les ans. Cette situation conduit à une très grande instabilité, à une difficulté à établir un projet d'établissement, à un temps consacré à l’accueil des nouveaux enseignants qui est important. Tout cela rejaillit sur les résultats scolaires des élèves. "

D'après les résultats que l'étude a analysés, en observant les taux de réussite aux épreuves écrites du brevet en fin de troisième, les chiffres sont inquiétants. Un élève d'un quartier défavorisé réussit deux fois moins qu'un élève de quartier favorisé. On passe du simple au double. Des enseignants mieux formés et plus expérimentés permettraient de réduire ces écarts.

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