À la suite du mouvement de grève des examinateurs du bac 2019 dans de nombreux lycées de France, les grévistes parviennent chaque jour un peu plus à perturber le bac 2019 car certains membres de jurys refusent de corriger en contrôle continu, comme l'a pourtant demandé le ministre de l'Éducation.

Photo d'illustration (Bac 2018 à Caen)
Photo d'illustration (Bac 2018 à Caen) © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Des enseignants membres de jurys du baccalauréat refusent de délibérer sur les notes de contrôle continu, ils rejettent ainsi les mesures annoncées par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

Le ministre avait en effet demandé aux enseignants de prendre en compte la moyenne du contrôle continu des candidats dans les épreuves, dont les notes au baccalauréat n'auraient pas été communiquées aux jurys par des correcteurs grévistes.

Certains jurys ont été suspendus. La région parisienne, Toulouse et l'Isère sont particulièrement touchées par ce phénomène. Car certains membres ont décidé parfois à l'unanimité, de ne pas prendre en compte la note de contrôle continu, se fondant ainsi sur l'article L-331-1 du code de l'Éducation qui stipule : 

Lorsqu'une part de contrôle continu est prise en compte pour la délivrance d'un diplôme national, l'évaluation des connaissances des candidats s'effectue dans le respect des conditions d'équité.

Or il n'y a aucune équité selon eux si certains candidats ont la note d'épreuve finale du bac et d'autres leur moyenne sur l'année.

Ils dénoncent également des pratiques surprenantes pour tenter de contrer leur mouvement, comme cette secrétaire à Toulouse qui met systématiquement une note de 10/20 à toutes les copies.

Quand prendre en compte le contrôle continu ?

Les cas de prise en compte du contrôle continu à la place de la note du bac doivent rester exceptionnels selon le ministère.

Les correcteurs avaient jusqu'à mercredi pour remettre les copies. En début de matinée mercredi, 80 000 copies manquaient à l'appel selon le ministère de l'Éducation. Si par exemple, il manque la copie corrigée de philosophie, car le correcteur était en grève, c'est la moyenne des notes de l'année en philo qui peut être prise en compte, ce qu'on appelle donc le contrôle continu. Et quand on aura finalement la note de l'examen, on retiendra la meilleure des deux notes.

Sauf que les jurys sont réunis depuis ce jeudi matin pour délibérer. Et la réponse du ministre crée beaucoup de remous, sur le thème de la rupture d'égalité des chances entre candidats.

80 000 copies manquantes selon le ministère

Selon Gabriel Attal, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, invité sur franceinfo hier soir "on était à peu près à 80 000 copies manquantes". "On sera a priori en dessous des 50 000 aujourd'hui" liées à la grève des correcteurs, avait-il ajouté.

Plus de 740 000 candidats au bac 2019
Plus de 740 000 candidats au bac 2019 © Visactu / Visactu

On sait très bien que les lycées ne notent pas de la même façon. Cela préfigure d'ailleurs le futur bac contre lequel se battent les professeurs grévistes, un bac qui reposera, pour 40% de la note finale, sur le contrôle continu.

Nombreux recours en perspective

Certains chefs de centres d'examen ont fait savoir qu'ils rentreraient les moyennes quand même, même si les membres du jury s'y opposent. Or le jury est souverain et on peut s'attendre à de nombreux recours.

Vendredi, le ministre a promis que tout le monde aurait ses résultats. Mais quels résultats ? Seront ils fiables ? Les candidats auront un énorme doute. En particulier ceux qui n'auront pas le bac du tout (c'est environ 7% des candidats chaque année), et ceux qui seront convoqués lundi et mardi prochains pour les oraux de rattrapage, soit en moyenne 13% des candidats. Un candidat sur cinq risque d'être dans l'incertitude. Avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la poursuite de leurs études.

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