Comme attendu, le ministère de l'Éducation nationale propose des ajustements pour le baccalauréat à partir de l'année prochaine. La part de contrôle continu ne change pas, les évaluations communes sont supprimées.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer le 26 mai 2021 à Paris.
Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer le 26 mai 2021 à Paris. © AFP / Geoffroy Van der Hasselt

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a présenté ce lundi 28 juin des ajustements de sa réforme du baccalauréat. Le contrôle continu sera renforcé. Les évaluations communes (E3C) seront abandonnées dès la rentrée prochaine et remplacées par un contrôle continu "plus souple", basées sur les moyennes. Ces E3C étaient l'aboutissement d'un compromis pour "apaiser certaines oppositions syndicales" souligne le ministère.

Le baccalauréat toujours basé à 40% sur le contrôle continu

Les moyennes de l'élève dans toutes les disciplines du tronc commun qui ne seront pas évaluées par des épreuves terminales seront prises en compte. Il y a l'histoire-géographie, les deux langues vivantes obligatoires, l'EPS, l'enseignement scientifique en voie générale ou les mathématiques en voie technologique. Cela fait cinq matières, coefficient 6 chacune sur les deux années de première et terminale. Elles comptent pour 30% de la note du bac. À cela s'ajoutera l'enseignement de spécialité que les élèves abandonnent en première. C'était coefficient 5, il passe à 8. Enfin l'enseignement moral et civique, discipline que le ministre veut mettre en avant, sera coefficient 2.

Le ministère de l'Éducation nationale annonce une nouveauté : les options pourront désormais être créditées d'un coefficient supplémentaire de 4 si elles sont suivies en première et en terminale ou coefficient 2 seulement en terminale. Pour les examens, rien ne change ni sur le calendrier ni sur les modalités. Le français, les deux spécialités, la philo et le grand oral comptent pour 60% de la note du bac. 

Le contrôle continu, source d'inégalité ?

La notation n'est pas la même selon les professeurs, selon les lycées. Mais le ministre ne propose pas de garde-fou, il renvoie à une concertation au sein des établissements. Le principal syndicat d'enseignant, le SNES, réagit et dénonce un bac local. Finalement, le ministre impose son idée de départ, un contrôle continu basé uniquement sur les bulletins scolaires. Les évaluations communes sont lourdes à organiser. Et surtout, avec la crise sanitaire, le bac cette année repose à 82% sur les moyennes des élèves et c'était même 100% l'an dernier. Donc l'idée de revenir à 40% de contrôle continu, à partir des notes de l'année, passe beaucoup mieux aujourd'hui. Le ministre peut plus facilement le faire accepter. 

Une pression des élèves et des familles sur les enseignants ?

Jean-Rémi Girard, le président du SNALC, le syndicat national des lycées et collèges est opposé à cette nouvelle réforme : "Si le part de contrôle continu du bac augmente, cela veut dire que les collègues vont avoir des pressions de la part des élèves, des familles et aussi de leur hiérarchie, sur les notes qu'ils mettent en classe. C'est évident. Ce sera très violent dans les lycées l'an prochain, car les correcteurs ne seront donc plus anonymes." Le principal syndicat des chefs d'établissements, le SNPDEN, attendait cette annonce du ministère, pour simplifier l'organisation de l'année. Mais Bruno Bobkiewicz, son secrétaire général, reconnaît qu'il va falloir harmoniser la notation : "Un travail doit être mené sur l'évaluation. Former les enseignants, donné des outils grâce à des banques de sujets, des devoirs communs, de corrections croisées, pour garantir la valeur de ce contrôle continu."

Toutes les propositions de Jean-Michel Blanquer seront étudiées et débattues par les organisations syndicales dans le cadre d'un Conseil supérieur de l'éducation le 8 juillet prochain.