1 400 invités prendront place dans la tribune installée place de la Concorde pour les cérémonies du 14 juillet. Des invités qui représentent toutes les personnes mobilisées pendant la crise sanitaire, et parmi eux, des enseignants. Rencontre avec une directrice d'école conviée par le Président.

Les tribunes où siégeront les membres de la société civile invités par le Président pendant le défilé du 14 juillet, place de la Concorde à Paris.
Les tribunes où siégeront les membres de la société civile invités par le Président pendant le défilé du 14 juillet, place de la Concorde à Paris. © AFP / Thomas Samson

Ce 14 juillet 2020 n'est pas comme les autres. Cette année, marquée par la coronavirus, est placée sous le signe de l'hommage à ceux qui se sont mobilisés pendant la crise sanitaire. En première ligne seront bien sûr présents les personnels soignants. En deuxième ligne, caissiers, agents funéraires, policiers, enseignants: au total, une trentaine de professions seront représentées. 

Parmi la vingtaine de professeurs présents dans la tribune présidentielle pour ces célébrations, Nathalie Sajan est directrice de l'école élémentaire Alain Fournier à Sartilly-Baie-Bocage, dans la Manche. Il s'agit d'une école de 9 classes et 189 élèves du CP au CM2. 

Un vendredi, alors qu'elle déjeunait à l'école avec ses collègues, elle a reçu un coup de téléphone. Surprise : l'interlocuteur est la préfecture de la Manche qui l'a appelée pour lui annoncer qu'elle était invitée à participer aux cérémonies du 14 juillet à Paris, en raison de son rôle dans la gestion de la crise sanitaire. La directrice normande se souviendra longtemps de ce moment. 

Une des premières écoles à fermer

Elle a d'abord pensé refuser l'invitation car, pour elle, ce qu'elle avait fait était normal. Mais ses collègues l'ont convaincue d'aller à Paris, pour représenter l'école. Sa famille aussi était étonnée de la nouvelle : "On m'a demandé si j'avais été tirée au sort, vous voyez !", raconte-t-elle en riant. "Ils n'y croyaient pas du tout ! Nous, on n'est pas en première ligne quand même, on n'était pas les soignants, on n'était pas les personnes qui étaient confrontées directement à la crise, donc ce n'était pas évident qu'on soit invités"

Nathalie Sajan, directrice d'école en Normandie, dans le train en direction de Paris pour les cérémonies du 14 juillet.
Nathalie Sajan, directrice d'école en Normandie, dans le train en direction de Paris pour les cérémonies du 14 juillet. © Radio France / Sonia Princet

Nathalie Sajan croit cependant comprendre pourquoi elle a été choisie : "Notre école a été l'une des premières à fermer en France", explique-t-elle. "On a fermé le 5 mars. La veille, le mercredi 4 mars, le maire était venu me prévenir qu'une petite fille de l'école était partie passer un test pour le Covid et à minuit la décision est tombée de fermer l'école le lendemain matin. Ça a été un choc. Pour les enfants qui venaient en bus, il a fallu qu'on appelle les familles pour qu'on vienne les chercher. On ne connaissait rien au Covid à cette époque-là." La fermeture de toutes les écoles intervient en effet deux semaines plus tard en France. 

Aucun élève n'a décroché

Dès le départ, Nathalie Sajan, 55 ans et 20 ans de direction d'école derrière elle, a su faire face à l'urgence : "Quelques parents n'avaient de connexion internet que sur leur téléphone portable", dit-elle, "donc on a essayé de maintenir le travail en imprimant. On déposait les documents à la mairie, les parents venaient chercher les photocopies en drive ou un policier municipal faisait la distribution". Grâce à ce système, elle se félicite de n'avoir "perdu personne", aucun élève n'a décroché. "On peut être fiers de notre école", reconnaît-elle. 

Lorsque le confinement a été généralisé en France, son établissement a accueilli les enfants des personnels soignants ; entre 5 et 13 chaque jour. Puis les élèves sont revenus progressivement à l'école après le déconfinement.  

Travail d'équipe

Toute cette période a été intense et stressante : "C'était tout le temps ! J'étais constamment au travail dans ma tête", confie la directrice. "Le téléphone de l'école était transféré à la maison pour pouvoir répondre aux questionnements des parents. Je recevais aussi énormément de mails. Ça a changé le métier ! C'était du 24 heures sur 24 ! Mais c'était le cas pour les enseignants aussi, ce n'était pas que pour le directeur, c'était pour tout le monde !" Nathalie Sajun insiste sur ce travail d'équipe : "On ne peut pas faire ça tout seul, il ne faut pas dire que ce n'est que le directeur !". 

Dans la tribune présidentielle, la directrice d'école élémentaire représentera tous ses collègues professeurs, et en particulier de sa région, la Normandie

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.