Dans le cadre de la réforme du lycée, des nouveaux programmes ont été élaborés pour les classes de seconde et de première leur entrée en vigueur est prévue à la rentré. En histoire, c'est la place des femmes qui est contestée, en total décalage avec les aspirations de la société actuelle à plus d'égalité hommes-femmes.

Emilie du Châtelet, une figure marquante de l'histoire de France.
Emilie du Châtelet, une figure marquante de l'histoire de France. © Maxppp / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Les textes doivent être examinés ce mardi par le Conseil supérieur de l'Education qui réunit les principaux acteurs de l'éducation - les syndicats, les partenaires de l'Etat - mais qui n'est qu'une instance consultative.
Trop pointus en mathématiques, trop libéraux en sciences économiques et sociales... Ces programmes sont déjà très critiqués. 

L'histoire en marche arrière

Pour les spécialistes, les nouveaux programmes renvoient les femmes aux oubliettes de l'histoire. Alors que des progrès avaient été réalisés ces 20 dernières années.  

Cécile Béghin est professeur d'histoire-géographie et vice présidente de l'association Mnémosyne, qui milite pour le développement de l'histoire des femmes et du genre. Elle parle d'une véritable régression et donne quelques exemples : "Les mots ne sont jamais féminisées, on parle de citoyens et pas de citoyennes. On est plutôt dans l'histoire politique, dans l'histoire militaire, on est dans de la construction de la Nation, sur des problématiques qui n'intègrent pas l'action des femmes. Pour la Révolution il y a la figure un peu surprenante de Madame Roland mais qui va être la seule figure féminine qu'on va étudier pour cette époque. En fait ce qui est intéressant c'est de ne pas passer par des figures justement, c'est que les femmes ne soient pas seulement réduites à une figure qui se démarquerait des autres femmes." 

La recherche scientifique depuis les années 90 a justement apporté de très nombreux éléments sur le rôle des femmes dans l'histoire, dans la conquête des droits. Mais les lycéens n'en mesureront pas encore l'ampleur.

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