Pour la première rentrée scolaire depuis la réforme du lycée, les élèves de seconde ont dû choisir trois spécialités pour leur année de première. Les matières des anciennes séries S et ES ont été plébiscitées.

Cours de mathématique dans un lycée niçois
Cours de mathématique dans un lycée niçois © AFP / YANN COATSALIOU / AFP

Le gouvernement avait justifié le remplacement des séries S, ES et L pour en finir avec la prédominance de la série scientifique et proposer un plus large choix aux secondes, plutôt que trois filières stéréotypées. Pour autant, les futurs élèves de première ne se sont pas mouillés. Dans les spécialités choisies, on retrouve en priorité les matières proposées par les anciennes séries S et ES. 

Les maths plébiscitées

Parmi les douze spécialités proposées (dont une, biologie-écologie, est réservée aux lycées agricoles), il fallait en choisir trois. Les matières scientifiques ont été largement préférées aux matières plus littéraires avec les mathématiques (64%), la physique-chimie (43,5%), et les sciences de la vie et de la terre (42,2%).

De nouvelles spécialités ont aussi séduit un certain nombre de lycéens : langues, littératures et civilisations étrangères ou régionales (LLCER) - anglais (26%) ou encore humanités, littérature et philosophie (18,5%).

"Les élèves se sont emparés de la liberté offerte par la réforme", s'est félicité le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, dans un entretien au Parisien. Nous sommes en train de sortir d'un système de trois filières standardisées et hiérarchisées, pour arriver à un lycée où les élèves peuvent choisir en fonction de leur goût."

Des "cocktails" de matières plutôt classiques

les trios de spécialités les plus choisis par les élèves entrant en première
les trios de spécialités les plus choisis par les élèves entrant en première © Visactu

Pourtant, lorsqu'on regarde les combinaisons de spécialités choisies par les futurs élèves de première, on a comme un sentiment de déjà-vu. Pour cette première fois, les lycéens ont reproduit les filières historiques les plus appréciées : 26% d'entre eux ont choisi la série scientifique avec le fameux trio maths-physiques-SVT. En deuxième place, on retrouve le trio histoire géographie-maths-sciences économiques et sociales comparable à la série ES avec 6,8% d'élèves.

"C'est logique", analyse Rodrigo Arenas, coprésident de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE).  

Les filières ont globalement été reproduites. Les mathématiques restent la filière sélective par excellence. Les élèves et leurs parents se comportent toujours comme des stratèges. Ils prennent les spécialités qui leur permettront d'intégrer ensuite les meilleures filières post-bac.

26,1% des élèves ont pris la combinaison maths-physiques-SVT. "C'est très en dessous des 55% d'élèves qui faisaient S jusqu'ici", rétorque le ministre de l'Éducation.

92% des lycées proposeront au moins 7 spécialités

Jean-Michel Blanquer l'assure : dès la rentrée, 92% des lycées français proposeront au moins sept des douze spécialités proposées par l'Éducation nationale. "Avant la réforme, moins de 85 % des lycées proposaient trois séries", défend le ministre. 

L'association de parents d'élèves précise que le ministère en impose sept, mais qu'il laisse le choix aux établissements scolaire de jouer le jeu pour les cinq spécialités restantes. 

"Ce sera en fonction des fonds propres du lycée, pas celui du ministère de l'Éducation. Et là se pose une première inégalité en fonction du lycée dans lequel vous êtes inscrit, regrette Rodrigo Arenas. Et puis quand on habite Paris, avec les transports en commun, c'est facile de se faire un emploi du temps sur trois lycées. Mais imaginez les élèves qui vont devoir faire trente kilomètres en Normandie pour faire leurs spécialités. Les comptabilités d'emploi du temps sont impossibles et les chefs d'établissement l'ont dit dès le début du projet de réforme."

Les parents d'élèves se demandent aussi si les élèves qui étudieront dans plusieurs lycées auront des aides financières pour le transport en commun. Pour l'instant, le ministère n'a pas dévoilé la liste des établissements et les spécialités que ces derniers comptaient proposer à la rentrée.

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