Quels établissements rouvriront en premier ? Y-aura-t-il des classes entières ? Enseignants et élèves devront-ils porter des masques ? Le point sur ce que l'on sait sur la réouverture des écoles en France à partir du 11 mai.

Emmanuel Macron a annoncé la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai prochain.
Emmanuel Macron a annoncé la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai prochain. © Maxppp / Sébastien Botella

Emmanuel Macron a annoncé lundi soir la réouverture progressive des crèches, écoles, collèges et lycées à partir du 11 mai. Mais hors de question en cette période d'épidémie de coronavirus, pour le chef de l'État, de rouvrir sans assurer la sécurité des élèves et des personnels dans les établissements : "Le gouvernement aura à aménager des règles particulières, organiser différemment le temps et l'espace, bien protéger nos enseignants et nos enfants avec le matériel nécessaire." Le point sur que l'on sait, et ce que l'on ne sait pas encore, de cette réouverture.

Concrètement, ça veut dire quoi, une "réouverture progressive" ?

Une chose est sûre : "Toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai", signale Jean-Michel Blanquer, interrogé ce mardi sur France 2. Même si on en ignore encore précisément les modalités, cela veut dire que toutes les tranches d'âge ne rentreront pas au même moment à l’école. "Tout ne va pas se passer du jour au lendemain" indique le ministre de l'Éducation nationale, qui se donne deux semaines pour réfléchir à ces réouvertures progressives, sur la base d'entretiens avec notamment les organisations syndicales.

Certains syndicats sont d'ailleurs plus que circonspects face à cette perspective, comme le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire : "C'est tout sauf sérieux de rouvrir les écoles le 11 mai car on nous dit que tous les lieux publics sont fermés, les cinémas, les salles de spectacle, mais pas les écoles alors que l'on sait que c'est un lieu de haute transmission, de haute contamination", juge Francette Popineau, la secrétaire générale du syndicat, interrogée par l'AFP. "Il y a un manque de précaution, ça paraît être en contradiction totale avec le reste."

Qui sera prioritaire pour reprendre les cours ?

Le premier critère est d'abord social, a tenu à souligner Jean-Michel Blanquer, laissant entendre que les élèves les plus en difficulté pourraient reprendre en premier : "Il faut sauver les élèves qui pourraient partir à la dérive du fait du confinement", a expliqué le ministre. "C'est les publics les plus fragiles que j'ai d'abord en tête."

Une déclaration qui va dans le sens de l'allocution lundi d'Emmanuel Macron, pour qui la situation actuelle "creuse des inégalités"  : "Trop d'enfants, notamment dans les quartiers populaires ou dans nos campagnes, sont privés d'école, sans avoir accès au numérique, et ne peuvent être aidés de la même manière par les parents", déplore le président. "C'est pourquoi nos enfants doivent pouvoir retrouver le chemin des classes."

Y aura-t-il des classes entières ?

Non. "On ne peut imaginer que de petits groupes, dans de telles circonstances", estime Jean-Michel Blanquer, voire de "tout petits groupes pour les tout petits", les élèves de maternelle, moins à même d'appliquer les règles de distanciation sociale.

Ces derniers préoccupent particulièrement Jean-Paul Hamon, président de la Fédération de médecins de France interrogé ce mardi sur franceinfo, qui parle de cette réouverture progressive comme d'un "risque inutile" : "Les enfants n'obéissent pas forcément aux consignes, ils vont naturellement jouer ensemble et ils risquent de ramener le virus à la maison."

Mais s'il y a des classes réduites, comment s'assurer que tout le monde puisse suivre les cours ?

Là encore, les modalités seront définies au cours des deux prochaines semaines. Il est possible aussi qu'il y ait une charge horaire moins importante pour les élèves, avance Jean-Michel Blanquer. Pour le ministre de l'Éducation, on peut aussi imaginer "des petits groupes à certains moments dans la journée et que la suite se passe à distance", notamment pour les élèves les plus grands au lycée et au collège. "Ça fait typiquement partie des aménagements auxquels on va procéder."

Quelles précautions sanitaires dans les établissements ?

Emmanuel Macron a donné le ton : il s’agit de "bien protéger" les enseignants et les enfants avec le "matériel nécessaire", promet-il. Est-ce que ça passe par le port systématique de masques ? "Fort possible", indique Jean-Michel Blanquer. "Si c’est nécessaire, c’est cela que l’on fera."

Dans tous les cas, selon le ministre de l’Éducation nationale, que des masques "soient à disposition" est "une évidence". La question de savoir si le masque sera obligatoire ou optionnel sera tranchée au cours des deux prochaines semaines.

Dans un premier temps, tous les établissements seront nettoyés et désinfectés, en lien avec les collectivités locales. Il s’agira aussi de voir avec ces dernières quels "moyens en matière sanitaire" sont nécessaires, dit Jean-Michel Blanquer, pour tout ce qui est gel hydroalcoolique, savon, etc.

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