"Accueillir tous les élèves, de manière obligatoire, et selon les règles de présence normales, dès le 22 juin". Dimanche dernier, Emmanuel Macron annonçait un retour à l’école pour tous. Mais à trois jours de la rentrée, chez certains parents, le soulagement a laissé place à la déception.

Emmanuel Macron a annoncé un retour à l’école pour tous à compter du 22 juin 2020
Emmanuel Macron a annoncé un retour à l’école pour tous à compter du 22 juin 2020 © Radio France / Emmanuel Claverie

Quand elle a entendu les mots du président dimanche soir dans sa maison d'Auvers-sur-Oise, dans le Val d'Oise, Géraldine a fait "la danse de la joie dans sa maison". Après trois mois et demi à faire l'école chez elle, cette mère de trois enfants, dont un nourrisson, admet qu'elle est "au bout du rouleau". Sa fille, Louise, en CP, n'en peut plus des cours avec les parents. Son fils aîné, Joseph, qui entre au collège en septembre, raconte que "c'est tendu, ça tape sur les nerfs de tout le monde". Tous les deux n'ont classe pour le moment qu'un jour par semaine. Alors cette reprise, c'est peu dire qu'elle était attendue. "En plus l'aîné entre au collège. J'espérais donc qu'il fasse une fin d'année normale, même pour deux semaines seulement".

Frustration et déception

Mais peine perdue. La danse de la joie de dimanche soir a laissé place à une grande frustration.  "Mardi j'ai reçu un mail de la directrice de l'école qui nous a expliqué que malgré les annonces du président, ils ne pourraient pas accueillir tous les enfants en même temps. Ce sera par demi-classes, et deux jours consécutifs par enfant seulement. Clairement, ça a été la douche froide", se désole Géraldine, qui a dû expliquer à ses enfants ce retournement de situation. Louise et Joseph vont donc retourner en classe les jeudis et vendredis, soit quatre jours en tout avant les vacances d'été.

Et si cette femme de 41 ans salue le travail effectué par les enseignants, elle regrette un discours flou et changeant : "C'est pénible les annonces faites, puis les ministres qui envoient des directives différentes. Je sais que c'est une période compliquée, mais des annonces claires feraient du bien, ne serait-ce que pour que l'on puisse s'organiser. Cela devient long. Vraiment très long".

Des "cas particuliers"

Chez d'autres parents, c'est une enfant de classe de sixième qui va reprendre seulement par demi-journées dans un collège parisien. Au collège François Furet d'Antony dans les Hauts-de-Seine, les élèves pourront aller en cours deux demi-journées par semaine, sans la cantine.

Au ministère de l'Education nationale, on évoque des cas "rares et particuliers", avec des situations locales à examiner individuellement. Et il reste impossible de savoir à l'heure actuelle combien d’élèves ne pourront pas être pris en charge à 100% lundi, alors que leurs parents en ont fait la demande.

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