Le Premier ministre a promis aux enseignants un niveau de retraite semblable aux métiers équivalents dans la fonction publique, une revalorisation progressive des salaires dès 2021 et a annoncé la réunion très prochaine des organisations syndicales.

Le Premier ministre a promis aux professeurs un niveau de retraite semblable aux métiers équivalents dans la fonction publique.
Le Premier ministre a promis aux professeurs un niveau de retraite semblable aux métiers équivalents dans la fonction publique. © Maxppp / Marlene Awaad

Répondre à la colère du monde de l'éducation. Édouard Philippe s’est exprimé ce mercredi midi devant le Conseil économique, social et environnemental, pour présenter "l'architecture" de la réforme qui vise à fondre les 42 régimes de retraite actuels en un seul système universel par points. Voici ce qu'il a annoncé pour les enseignants, qui ont exprimé ces dernières semaines de nombreuses craintes vis-à-vis de la réforme des retraites :

Une retraite semblable aux métiers équivalents de la fonction publique

Le Premier ministre a promis que le niveau des pensions des enseignants serait comparable à celui des métiers équivalents de la fonction publique. Selon Édouard Philippe, "une application mécanique des nouvelles règles ferait perdre une part significative de leurs futures pensions" aux enseignants. Il promet donc un niveau de retraite "sanctuarisé".

Revalorisation des salaires dès 2021

Il serait"inacceptable que les enseignants perdent le moindre euro de pension compte tenu de cette application", a martelé Édouard Philippe. Des "revalorisations nécessaires" des salaires seront ainsi mises en place progressivement, et ce dès 2021. 

Ne pas se focaliser seulement sur les débuts de carrière

Mettre l'accent sur les débuts de carrière, mais pas que : "nous ne voulons pas créer deux catégories d’enseignement", a expliqué Édouard Philippe, qui a rappelé sa volonté de construire une "vision globale" et de se donner le temps pour "véritablement repenser le métier et la carrière d'enseignant".

Rassembler rapidement les syndicats

Réunir "très rapidement" les organisations syndicales : cette réunion se fera sous l'égide du ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. La discussion devrait s’achever à l’été 2020, et fixera "le cadre sur les 10 prochaines années de la reconstruction des rémunérations des carrières et des organisations du travail."

Au terme de ce discours, France Inter a joint par téléphone, Frédérique Rolet. Pour la secrétaire générale du Snes –FSU, syndicat majoritaire dans le secondaire, le Premier ministre est resté très flou : "On ne sait pas exactement quelles seront les mesures… On ne sait pas exactement qui sera touché....Il est resté extrêmement flou sur la revalorisation. Est-ce que ce sont des primes ou est ce qu'on va augmenter les salaires...On n'est pas rassuré par ce qu'il a dit. _On sera donc partie prenante de la manifestation et de la grève du mardi 17_."

Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, poursuivra de son côté les consultations sur la loi de programmation de la recherche. Des consultations qui devraient aboutir au 1er semestre.

Les enseignants en 1ère ligne contre la réforme

Des enseignants ont manifesté ces dernières semaines leur colère vis-à-vis de cette réforme des retraites, inquiets du nouveau calcul de leur pension qui se fera sur l’ensemble de leur carrière, et non sur les 6 derniers mois. Car les professeurs ne touchent que peu de primes, or celles-ci entreront en compte dans le calcul des futures pensions.

Ce mardi, la nouvelle journée de mobilisation dans l'éducation contre la réforme des retraites s’est traduite par un taux de grévistes de 12,41% dans le primaire et de 19,41% dans le secondaire (collèges et lycées) selon le ministère, respectivement 30% et 62% pour les syndicats. 

"C'est très différent d'une région à l'autre. Paris en particulier dénote par un taux de grève plus important, autour de 35%", notait le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer sur France Inter. Il affirmait aussi qu’il n’y avait "plus de raison d’être en colère : si on est enseignant, on est un des grands gagnants de la réforme."

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