L'OCDE a publié ce mardi son rapport annuel consacré au système éducatif de ses pays membres. Parmi les éléments qui en ressortent, on trouve en particulier des salaires en France sous la moyenne de l'organisation, ainsi que des classes de maternelle plus chargées.

Les élèves de maternelle sont bien plus nombreux par classe que dans le reste de l'OCDE.
Les élèves de maternelle sont bien plus nombreux par classe que dans le reste de l'OCDE. © Radio France / Anne Oger

C'est une tendance souvent pointée du doigt par les syndicats d'enseignants, elle est désormais confirmée par un rapport de l'OCDE publié ce mardi : les salaires des enseignants en France sont moins élevés que la moyenne des pays de cette organisation. En début de carrière, il est 7% inférieur à la moyenne, avec un salaire d'environ 28 000 euros bruts par an dans le primaire (contre 29 900 en moyenne dans l'OCDE) et 29 400 euros au lycée (32 423 euros pour la moyenne de l'OCDE). Les salaires de l'école élémentaire sont toujours moins élevés car les enseignants ont moins de primes que dans le secondaire, et n'ont pas la possibilité de faire des heures supplémentaires.

Le fait le plus notable est par ailleurs que cette différence de salaires s'accentue en milieu de carrière : l'écart de 7% entre les salaires français et la moyenne de l'OCDE passe à 22% après 15 ans de carrière (tous niveaux scolaires confondus). Le rattrapage s'opère en revanche en fin de carrière, où l'écart n'est plus que de 2%. Selon Eric Charbonnier, expert de l'OCDE sur les questions d'éducation : 

"Quand on dit qu'il faut revaloriser les enseignants, cela signifie qu'il faut réfléchir aussi en priorité à ceux qui sont en milieu de carrière"

Autre point relevé par le rapport : les classes de pré-élémentaire (c'est-à-dire de maternelle) sont plus chargées que dans la moyenne de l'OCDE. Ainsi, en France, il y a 16 enfants par adulte contre seulement 10 en moyenne dans les pays de l'organisation. Ce nombre monte même à 23 enfants si l'on ne tient pas compte des auxiliaires d'éducation (les ATSEM en France) et que l'on se cantonne aux enseignants. C'est l'un des chiffres les plus élevés (qui reste toutefois loin derrière le record de la Colombie, avec 35 élèves par enseignant). 

Enfin, un dernier point saillant du rapport est le succès des filières courtes, celles qui se font à Bac+2 : 60% des étudiants en BTS ou DUT obtiennent leur diplôme en deux ans, alors qu'ils ne sont que 39% à obtenir leur licence en trois ans. À la sortie de ces formations professionnalisantes, 85% des Bac+2 trouvent un emploi. Ainsi, la France pourrait - une fois n'est pas coutume dans ce domaine - devenir un modèle : l'Italie envisage désormais de s'inspirer de ces filières.

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