L'eurodéputé EELV Yannick Jadot participe à un débat à l'université d'été du Medef, ce jeudi 27 août 2020. Car économie et écologie ne sont pas incompatibles, dit le parti et surtout, on ne peut pas échanger seulement avec ses alliés. Un dialogue après de fortes tensions entre l'organisation patronale et le parti.

Yannick Jadot participe à un débat à l'université d'été du Medef. Au printemps 2019, l'eurodéputé EELV était jugé candidat "le plus convaincant" par l'organisation patronale
Yannick Jadot participe à un débat à l'université d'été du Medef. Au printemps 2019, l'eurodéputé EELV était jugé candidat "le plus convaincant" par l'organisation patronale © AFP / Pascal Guyot

"L’économie au secours de l’écologie, et vice-versa ?" C'est le débat auquel va prendre part Yannick Jadot ce jeudi 27 août 2020, à l'université d'été du Medef. L'organisation patronale invite l'eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à échanger avec notamment Christiane Lambert, la présidente du syndicat agricole FNSEA. 

Des participants aux antipodes, mais dans l'entourage du député européen, on souligne que participer à ce débat n'est pas extraordinaire, qu'on ne peut pas échanger seulement avec des gens avec qui on est d'accord. 

Au printemps 2019, Yannick Jadot est jugé candidat "le plus convaincant" par le Medef, parmi les principales têtes de liste des partis français aux élections européennes. Une distinction attribuée à l'issue d'un grand oral conduit par l'organisation patronale, un mois avant le scrutin.

"Des politiques crédibles doivent pouvoir parler avec tout le monde"

Surtout que Yannick Jadot ne se pose pas en ennemi de l'entreprise : "Je crois fondamentalement qu'on ne fera pas la transition écologique sans les entreprises", a déclaré l'eurodéputé, invité mardi 25 août sur France Info. Ce qui implique donc, forcément, de dialoguer avec le patronat.

"C'est intéressant que des échanges existent, sans pour autant mettre de côté le projet politique d'EELV"

La mise en place d'un dialogue avec le Medef est important, estime également Léonore Moncond'huy, maire écologiste de Poitiers :  "On parle beaucoup de crédibiliser le projet de l'écologie : des politiques crédibles doivent pouvoir parler avec tout le monde. À mon sens, c'est _intéressant que des échanges existent (entre EELV et le Medef, ndlr), sans pour autant mettre de côté notre projet politique_. De l'ouverture et du dialogue, oui ; mais pas de connivence", conclut l'édile. 

Le dialogue après de fortes tensions entre le Medef et EELV

Du dialogue après les fortes tensions entre les deux organisations pendant les municipales de 2020. À Lyon, des membres du Medef avaient monté une fronde dans l'entre-deux tours contre la candidature verte, menée par Bruno Bernard, à la métropole de la Ville. Les patrons craignaient que l'arrivée d'élus écologistes ne détruisent l'économie lyonnaise. Bruno Bernard avait été comparé à Hitler par un adhérent Medef ; un autre avait qualifié les électeurs écologistes de "connards", avant de regretter ses propos dans le journal Le Progrès. Pour Bruno Bernard, désormais président écologiste de la métropole de Lyon, cette période est du passé

"La plupart des sociétés ont compris qu'elles devaient intégrer l'écologie dans leur politique. Reste la question de lier cette priorité à l'intérêt de l'entreprise, car il y peut y avoir des intérêts de court-terme divergents"

Place désormais au dialogue, car élus et entreprises doivent avancer main dans la main : "_La plupart des sociétés ont compris qu'elles devaient intégrer l'écologie dans leur politique_, pour continuer à attirer des salariés, à se développer, détaille Bruno Bernard, lui-même chef d'entreprise avant son élection. Après, reste la question de lier cette priorité à l'intérêt de l'entreprise, car il y peut y avoir des intérêts de court-terme divergents. Donc rien n'est facile, mais il est important de dialoguer avec eux".

D'autant qu'il y a du chemin, selon un sondage publié mercredi 26 août 2020 par le Medef. Selon les patrons interrogés par l'organisation patronale, un peu moins d'un tiers des chefs d'entreprises interrogés jugent "essentielles" les aides aux entreprises pour la transition écologique. En revanche, parmi les mesures de soutien envisagées ou annoncées par le gouvernement, les deux tiers des chefs d'entreprises estiment que le soutien à la trésorerie est essentiel, devant la baisse des impôts de production (49%) et le dispositif d'activité partielle de longue durée (49%).

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