L'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes progressera-t-elle sous le quinquennat Macron ? Après les entreprises de plus de 1 000 salariés en mars, c'est au tour des entreprises de plus de 250 salariés de publier leur "Index", la note sur 100 obtenue dans le cadre du nouveau barème gouvernemental.

Les sociétés qui auront moins de 75 points risqueront à terme des sanctions, si elles ne corrigent pas le tir dans un délai de 3 ans.
Les sociétés qui auront moins de 75 points risqueront à terme des sanctions, si elles ne corrigent pas le tir dans un délai de 3 ans. © Radio France / France Inter

C'est le deuxième volet d'une obligation d'évaluation et de transparence qui a démarré en mars dernier pour les plus grosses entreprises. Toutes les sociétés dont le nombre de salariés est compris entre 250 et 1 000 devront, elles aussi, publier leur note à partir de ce dimanche 1er septembre. Les entreprises de plus de 50 salariés ne sont pas encore concernées. 

Cinq indicateurs, une note sur 100

Compiler des tas données salariales, puis comparer femmes et hommes par groupes de même fonction et de même âge. "L'exercice a pris une petite journée. On a profité du bilan social pour faire ces statistiques. Ce n'est pas très compliqué" explique Cristine Reynaud directrice des Ressources Humaines chez Solustil, société spécialisée dans la tôlerie industrielle en région lyonnaise, 430 salariés et 120 intérimaires. Pour un résultat significatif. 

Nous avons constaté un écart de rémunération en faveur des hommes dans la catégorie des ouvriers. On va voir comment faire corriger cette situation. 

L'entreprise obtient tout de même une note globale plus qu'honorable de 88 points 100, en étant meilleure sur d'autres indicateurs comme l'accès des femmes aux promotions. Avec seulement deux femmes parmi les dix plus hautes rémunérations, Solustil récolte 5 points sur 10 au chapitre du plafond de verre. Peut mieux faire... Reste que dans un secteur aussi peu mixte que l'industrie, "on est très fier d'avoir une bonne note, on a même été surpris !" lâche la DRH.

Autre exemple, le laboratoire pharmaceutique Téva France publie une note de 83 sur 100

Alerte sur les retours de congés maternité

Pour cette deuxième vague d'Index calculés, un chiffre inquiétant se profile à nouveau, note Hélène Avignon qui coordonne les résultats pour la Bretagne au sein de la direction du travail : le nombre de sociétés qui ne respectent pas l'obligation d'augmenter les femmes à leur retour de congé maternité. "Un tiers des répondants, à ce stade, ne remplissent pas cette obligation. Ils n'avaient pas compris réellement la loi. Il y a beaucoup d'interrogation et une prise de conscience aujourd'hui sur ce point très important. Il faut leur réexpliquer". Lorsqu'une femme ne bénéficie pas d'une augmentation avant de partir en congé maternité, elle doit en effet être augmentée à son retour.

Autre marge de progression importante : les plus hautes rémunérations encore souvent très masculines.

En Bretagne, la moitié seulement des 248 entreprises de plus de 250 salariés a publié son Index. La moins bonne note est de 42 points sur 100. La meilleure atteint la barre des 90 points.  

La chasse aux retardataires n'ayant pas publié leur index démarre lundi. Des entreprises fortement incitées à jouer le jeu de la transparence et ne cachant pas leur note au fin fond de leur site internet, comme cela a parfois été le cas pour les grosses entreprises en mars dernier. 

En moyenne, la première vague d'entreprises de plus de 1 000 salariés a obtenu 83 points sur 100. 19% d'entre elles se placent sous la barre des 75 points sur 100. Et 8% d'entre elles n'ont pas à ce jour publié leur note. Ces dernières ont reçu ces dernières semaines une mise en demeure du ministère du Travail, avant d'éventuelles sanctions.

Une méthode toujours très critiquée par les syndicats

La méthodologie de ce nouvel Index reste critiquée par l'ensemble des organisations syndicales qui appellent à rediscuter des différents indicateurs et de leur calcul, à l'issue de cette première année test.  

Les confédérations qui avaient été consultées par le gouvernement dans l'élaboration de cet outil regrettent notamment qu'il ne s'attaque pas à la répartition déséquilibrée des métiers entre les femmes et les hommes, source d'inégalités salariales. Elles dénoncent aussi les mécanismes de pondération et de marge d'erreur dont bénéficient les entreprises jugeant le barème trop indulgent.

Les sanctions financières peuvent aller jusqu'à 1% de la masse salariale si la note reste inférieure à 75 points dans un délai de 3 ans.

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