Au sein de l'exposition "Electro" qui s'ouvre mardi à la Philharmonie de Paris, le groupe allemand Kraftwerk fait partie des têtes d'affiche. Depuis 2012, le quatuor joue de plus en plus dans des musées. Un retour aux sources pour le groupe, qui a commencé dans les galeries et happenings de Düsseldorf et Berlin.

Kraftwrk a fait évoluer son titre "Radio-activity" pour en faire un hymne contre le nucléaire
Kraftwrk a fait évoluer son titre "Radio-activity" pour en faire un hymne contre le nucléaire © AFP / Mike Coppola / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Ce sera l'un des points culminants de la fin de saison : les 11, 12 et 13 juillet prochains, dans le cadre du festival Days Off et en parallèle de l'expo "Electro, de Kraftwerk à Daft Punk", le groupe allemand, pionnier de la musique électronique, donne une série de concerts à la Philharmonie de Paris. 

Performances

Dans le cadre de cette exposition pour laquelle d'autres vedettes de la musique électronique (Daft Punk, Jean Michel Jarre) ont travaillé, Kraftwerk propose en outre une série de vidéos en 3D qui seront projetées avec un son spatialisé. Cette prestation en parallèle d'une exposition n'est pas une première pour le groupe, bien au contraire. 

Depuis 2012, le travail de Kraftwerk semble se transformer petit à petit en performance montrée dans les musées. Cette année-là, le groupe proposait une rétrospective de l'ensemble de sa musique, non pas dans une salle de concert... mais au MoMA de New-York. Pendant huit soirs consécutifs, le groupe a joué, chaque soir, un de ses huit albums en intégralité, suivi d'un concert plus "classique". Le tout dans une nouvelle scénographie, avec des vidéos revisitées et retravaillées : le concert se regarde désormais avec des lunettes 3D.

Kraftwerk n'a pas sorti de nouvel album depuis 2003 avec Tour de France Soundtrack. Et même si Ralf Hütter, co-fondateur du groupe (et seul membre fondateur à en faire encore partie) expliquait, après les concerts de 2012, qu'il travaillait sur un nouvel album, celui-ci n'a jamais vu le jour. Ce qui n'a pas empêché le groupe de recevoir, depuis, deux Grammy Awards : le premier en 2014 pour l'ensemble de sa carrière, le second en 2018 pour le coffre "The Catalogue", qui reprend tous leurs titres dans leurs versions "live". 

Fossilisation ?

Peut-on alors penser qu'en entrant dans les musées, Kraftwerk se "fossilise" petit à petit ? Pas vraiment. D'abord parce que le groupe propose toujours des performances live, au cours desquelles les musiciens improvisent parfois, et créent des arrangements nettement différents de ceux d'origine - il suffit d'écouter "The Robots" dans sa version la plus récente pour s'en rendre compte. Ensuite, parce qu'ils poussent parfois la démarche artistique jusqu'à se faire eux-mêmes remplacer sur scène par leurs fameux robots.

Enfin, parce qu'ils adaptent leurs morceaux : "Radio-activity", titre équivoque, est devenu clairement un hymne contre le nucléaire, le refrain disant désormais "Stop Radioactivity".

Mais plus qu'une "muséification", c'est un retour aux sources que propose Kraftwerk. À ses débuts, le groupe jouait plutôt dans les happenings des années 60 que dans des salles de concert, en abordant déjà l'aspect esthétique de ses créations : "L’époque était à la suprématie de la musique anglo-américaine et de la musique classique historique allemande. Il fallait donc trouver une alternative pour jouer. Et donc pour Kraftwerk,ça a été plutôt dans les galeries d'art, les clubs de jazz, les universités", a raconté Ralf Hütter dans une interview pour France Inter.

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