Élisabeth Moreno, qui a exercé de hautes responsabilités au sein de grands groupes comme HP et Lenovo, hérite du portefeuille de l'égalité femmes-hommes dans le gouvernement de Jean Castex.

Élisabeth Moreno l'an dernier au "Women's Forum for the Economy & Society"
Élisabeth Moreno l'an dernier au "Women's Forum for the Economy & Society" © Capture Youtube

Dirigeante d'entreprises, Elisabeth Moreno a fait son entrée lundi en politique en obtenant le portefeuille de l'Égalité femmes-hommes, détenu auparavant par Marlène Schiappa, auquel s'ajoute la Diversité et l'Égalité des chances. Originaire du Cap Vert, une carrière bâtie dans de grands groupes comme HP ou Dell, Élisabeth Moreno était jusqu'ici inconnue du grand public. Portrait.

Une carrière dans les affaires

Élisabeth Moreno, c'est une vie passée dans le monde des affaires et des grandes entreprises. Originaire des îles du Cap Vert, cette femme de 49 ans était, avant sa nomination, présidente de HP Afrique, multinationale américaine spécialisée dans l'informatique et le multimédia. Juste avant, elle a passé six ans au sein du groupe chinois Lenovo, fabricant d'ordinateurs et des téléphones, dont deux ans en tant que présidente de l'antenne française. Elle a aussi exercé auparavant des fonctions chez Dell et Orange, selon son profil Linkedin.

Titulaire d'un bac littéraire, elle obtient une maîtrise en droit des affaires et débute comme juriste dans un cabinet à Paris. L'expérience ne lui plaît pas, elle se lance dans les affaires : 

"J'ai créé mon entreprise à 20 ans (une PME dans le bâtiment avec son mari, ndlr), et je n'ai plus jamais quitté le monde des affaires, je n’ai plus jamais quitté les grands groupes", déclarait-elle lors d'un entretien à TV Monde Afrique celle qui a aussi suivi un "executive MBA" à l'Essec, grande école de commerce.

Combat pour l'égalité femmes-hommes en entreprises

L'égalité femmes-hommes au sein des entreprises, notamment la question des femmes dirigeantes, est un sujet qu'elle a abordé en 2018 à l'université du Medef : "Les femmes sont toujours écartées lorsqu'on parle de leadership. Il ne faut pas oublier que ce sont les femmes qui élèvent les leaders de demain."

Elle évoquait également la place des femmes dans le monde du travail, interrogée par le ministère des Outres-mer alors qu'elle était présidente de Lenovo France : "J'ai passé toute ma carrière dans un environnement professionnel très masculin (...) Je me souviens de la première grande entreprise où j'ai été présentée. Le directeur exécutif me fait faire le tour des bureaux, les gens m'accueillent avec un grand sourire en me disant 'vous êtes secrétaire ?' , 'non, je suis votre nouvelle patronne'. "

"Je trouve que c'est une très bonne chose que les femmes commencent à oser parler, oser agir, oser partager, poursuit-elle, parce que ce sont des peines parfois lourdes à porter : c'est toujours un peu compliqué quand une femme considère qu'elle a les mêmes compétences, les mêmes capacités que son collègue masculin, et qu'il gagne davantage qu'elle."

Enfance au Cap Vert

Née en 1970 à Tarrafal au Cap-Vert, Élisabeth Moreno est l'aîné d’une fratrie de six. Sept ans plus tard, ses parents s'installent avec leurs enfants en France, dans une cité de l'Essonne. Une expérience qui lui a donné, confie-t-elle à TV5 Monde, un "grand sens de l’adaptation, de la résistance aux défis que la vie peut nous apporter. Je suis quelqu’un d’extrêmement déterminé, tenace et résiliente."

"Si on m'avait dit un jour, de mon petit Cap-Vert natal, que j'aurais la situation professionnelle que j'ai aujourd'hui et que j'aurais la chance d'inspirer les autres... je n'y aurais pas cru", disait-elle encore en 2018 au journal La Tribune.

Des propos déjà controversés

Sa nomination satisfait-elle les associations féministes ? Sur Twitter, Caroline de Haas, militante et ancienne porte-parole d'"Osez le féminisme !", s'est d'ores et déjà indignée de propos tenus par Élisabeth Moreno, qui dans un entretien déclarait que "les blagues à la machine à café sont très importantes", et qu'il ne "faudrait pas que les hommes se sentent gênés"

En outre, Élisabeth Morano affirmait en 2018, lorsqu'on lui demandait un conseil pour lutter contre le sexisme dans une interview aux Échos, qu'il fallait "prendre davantage de responsabilités : plus vous montez dans la hiérarchie, moins vous êtes confrontée au sexisme."

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