Nicolas Hénin
Nicolas Hénin © Guillaume Lavit d'Hautefort

Son visage, vous l’avez découvert en 2013, soit quatre mois après son enlèvement par des jihadistes en Syrie. Sa famille ne souhaitait pas faire savoir qu’il était otage des islamistes ;

le Premier ministre français de l’époque Jean-Marc AYRAULT s’en est chargé, par erreur, devant un micro.

Une fois passé cet emmêlement de pinceaux au sommet, les traits réguliers de Nicolas HENIN sont apparus dans vos journaux, sur vos écrans de télévision : calvitie, cheveux rares coupés ras, yeux clairs et brillants, éternel sourire.

Le journalisme, Nicolas HENIN y est venu après avoir échoué à intégrer Normal Sup’. En 2002, il s’est installé en IRAK. L’année suivante, correspondant multicartes (notamment pour France Inter), il a suivi l’entrée des troupes américaines dans Bagdad, l’arrestation et la pendaison de Saddam HUSSEIN, l’irruption islamiste, l’affrontement sunnites-chiites. Arabophone, il a couvert plus tard les hoquets moyen-orientaux puis les printemps arabes, en Egypte, en Lybie, au Yémen. Il a été l’un des premiers journalistes à entrer en Syrie après l’insurrection de mars 2011. Il y est retourné 5 fois jusqu’à son enlèvement le 22 juin 2013 en même temps que le photographe Pierre TORRES. Ensemble, ils ont subi dix mois de privations, d’humiliations, d’interrogatoires violents. Plusieurs de leurs camarades de captivité ont été décapités.

Tout comme Pierre TORRES, Didier FRANCOIS et Edouard ELIAS, Nicolas HENIN a recouvré la liberté le 18 avril 2014. Près d’un an plus tard, il publie deux livres : "JIHAD ACADEMY " (sous-titré "Nos erreurs face à l’Etat islamique ") aux éditions FAYARD, et "PAPA HERISSON RENTRERA-T-IL A LA MAISON ? " , aux éditions FLAMMARION, un album pour enfants illustré par son co-otage Pierre TORRES. L’histoire de "Papa Hérisson" est à l’image de celle de Nicolas HENIN : elle ne manque pas de piquants.

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