Pierre Delannoy
Pierre Delannoy © Thierry Esch / Paris Match

L’oiseau rare, que nous allons tenter de retenir dans ce studio le temps d’une rencontre, appartient à l’espèce des migrateurs !

Il a l’habitude des grandes envolées et des larges traversées, affectionne les virées, non sans danger, les routes escarpées et les itinéraires improbables.

Loin de son terrier de Nogent-le-Rotrou, où il est né en 1949, il s’est façonné très vite des détours orchestrés, au gré des aléas d’une histoire dont il aime transformer le grand ‘’H’’ majuscule qui lui est habituellement accolé, en minuscules affriolantes. Ces petites histoires qui tissent la grande, il les observe aussi minutieusement que le ferait l’ethnologue qu’il aurait pu devenir car il en avait le diplôme…

Le grand reportage lui a permis de voyager comme il l’entendait et raconter sans jamais se lasser ; nous conter tous les portraits des êtres les plus détraqués qu’il a pu croiser, tutoyer, ou fuir ; nous livrer de Moscou au Nicaragua, en passant par Mexico ou les Iles Aléoutiennes, Damas ou Kaliningrad, les situations les plus rocambolesques avec un appétit d’écrivain.

Car le journalisme que pratique Pierre Delannoy est littéraire et humaniste.

Que cela soit pour Géo ou Paris Match, où pendant plus de 20 ans il fit partie des grandes signatures, ou National Géographic qui publie ce mois-ci son dernier reportage à Cuba , l’ex-hippie un peu ‘’freak’’, toujours gauchiste revendiqué, a eu et aura, car ce n’est pas à 66 ans qu’il va s’arrêter, ‘’una vida’’ un peu ‘’loca’’.

Sa vie est un jeu. Une partie de poker. Il l’a voulu comme ça.

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