Le grand reportage fut sans doute pour elle un moyen d’explorer ses racines familiales, de savoir d’où elle venait et donc qui elle était vraiment. C’est ainsi, (diplôme de journalisme et DEA de sociologie en poche), que Delphine MINOUI s’est « retrouvée » (l’emploi de ce mot n’est pas un hasard) à TEHERAN.

A la fin des années 90, elle s’est installée en Iran, mue par quelques vers du poète soufi HÂFEZ deSHIRAZ , des vers que son grand-père paternel aimait lui souffler à l’oreille en persan, langue qu’alors elle ne maîtrisait pas.

Correspondante de Radio France (France Inter, France Info, France Culture) puis du quotidien LE FIGARO,Delphine MINOUI ne savait pas en posant le pied sur le sol de la République islamique qu’elle y passerait dix ans de sa vie ; dix années à tenter de dénouer la complexité d’un territoire vieux comme le monde, à terrasser les clichés que nous accolons (sous la forme d’une trinité terrifiante) au peuple iranien : islam, tchador, terrorisme.

Au fil du temps, très patiemment, Delphine a poussé des portes, elle a noué des amitiés, elle a vu l’envers du décor. Sa curiosité lui a valu quelques frayeurs ainsi qu’un départ précipité du pays tant aimé.

Elle a ensuite exploré d’autres lieux guère plus confortables que l’Iran : le Liban (où elle s’est sentie partout chez elle), l’Irak (où le petit-fils de l’ayatollah KHOMEINY lui a dit tout le bien qu’il pensait des Etats-Unis), le Yémen (où une fillette de 10 ans, mariée de force et divorcée lui a confié son histoire ; elle en a fait un livre), la Libye (où elle a rencontré KADHAFI quelques mois avant sa mort), et enfin l’Egypte où elle vit… et qu’elle s’apprête à quitter pour la Turquie.

Delphine Minoui
Delphine Minoui © Astrid di Crollalanza / Astrid di Crollalanza
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.