Six ans après, vingt hommes vont être jugés pour leur participation aux attentats de Paris. Pour le président de la Cour d'appel de Paris, Jean-Michel Hayat, ce procès est "le plus grand défi que l'institution judiciaire ait jamais eu à connaître". A France Inter, les journalistes Sophie Parmentier et Charlotte Piret se préparent à huit mois d'audience.

C'est un moment important pour la mémoire des 130 personnes tuées ce soir-là dans Paris et à Saint-Denis, pour les milliers de blessés, pour nous tous, qui avons été marqués par ce drame. C'est surtout le moment où la justice doit déterminer les responsabilités, qui a participé, et dans quelle mesure, à ces assassinats. L'organisation a pris quelques mois de retard avec la crise sanitaire mais ça y est, le procès commence le 8 septembre 2021.

Je vous emmène au palais de justice de Paris, sur l'île de la Cité. Aujourd'hui, on l'appelle "le vieux palais", parce que le tribunal judiciaire a déménagé aux Batignolles. Ici, reste notamment  la cour d'assises spéciale qui juge les affaires de terrorisme. Je vais voir la salle d'audience qui a été spécialement aménagée, avec ma collègue Charlotte Piret qui va suivre ce procès pour France Inter:

"Il fallait un lieu qui serait hyper sécurisé, mais il y avait aussi cette dimension symbolique d'un lieu de justice,  et c'est pour ça que beaucoup de parties civiles se sont battues. Elles ne voulaient pas faire ça dans un gymnase, ou une caserne, par exemple. Ce sera le cas à Bruxelles pour le procès des attentats du 22 mars: ce sera dans les anciens bâtiments de l'OTAN. La France, elle, a choisi de faire ça dans un lieu de justice. Ici, ça a été possible puisque le palais a été vidé, du fait du déménagement d'une grosse partie des activités vers les Batignolles. Parce qu'en plus de cette grande salle qu'on va visiter,  il y a jusqu'à 10 salles qui vont être mobilisées les jours de grande affluence pour la retransmission vidéo du procès."

"Là, tu vois, ce sera l'entrée et alors si on monte, on est un peu trop petite, mais juste au-dessus, on voit un long couloir qui sera le couloir par lequel arriveront les accusés."

On a rendez-vous avec le président de la cour d'appel, Jean-Michel Hayat, pour visiter les aménagements construits dans la salle des pas perdus.

"Vous êtes à mon sens dans la plus grande salle d'audience jamais construite en France, d'une longueur de 45 mètres de long. Cette salle pourra accueillir 550 personnes. Le prétoire permettra à la défense de se déployer sur la gauche de la salle d'audience, devant les box où se trouveront les 11 accusés détenus et les trois accusés libres. De l'autre côté, vous aurez une cinquantaine de parties civiles, d'avocats, qui pourront prendre place […]

Il est évident que c'est un défi majeur. C'est probablement le plus grand défi que l'institution judiciaire ait jamais eu à connaître. C'est d'abord l'attentat le plus meurtrier jamais commis en France. C'est la nécessité de permettre aux 1760 parties civiles de pouvoir suivre le procès. C'est la possibilité pour les avocats en défense de pouvoir exercer leur mission dans des conditions irréprochables.  Donc, oui, c'est vraiment un défi énorme…"

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13 novembre, l'enquête 

  • Réalisation : Anne- Sophie Ladonne, Céline Illa et Fanny Bohuon
  • Mixage : Julien Michel
  • Musique : « Hivernelle » par Yakie 

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