Pour commémorer le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale, France Inter propose une émission spéciale.

Emmanuel Macron rallume la flamme du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe
Emmanuel Macron rallume la flamme du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe © AFP / Francois Mori / POOL

2018 marque le centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale. La signature du traité à Rethondes a mis fin à l’un des conflits les plus meurtriers du XXème siècle qui a fait près de 18 millions de victimes.

De 10h à 13h, une émission spéciale présentée par Ali Baddou et Amélie Perrier au cours de laquelle vous pourrez suivre la cérémonie de commémoration à l'Arc de Triomphe.

L'allocution du président de la République

"Additionnons nos espoirs au lieu d'opposer nos peurs", a dit Emmanuel Macron devant les  72 leaders mondiaux réunis à Paris, les exhortant au "combat pour la paix" en refusant "le repli, la violence et la domination".  Dans son allocution pour célébrer le centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918, le président français a appelé ses pairs à refuser "la fascination pour le repli, la violence et la domination".

"Ensemble, nous pouvons conjurer ces menaces que sont le spectre du réchauffement climatique et de la dégradation de notre nature, la pauvreté, la faim, la maladie, les inégalités, l'ignorance", a-t-il espéré.

Additionnons nos espoirs au lieu d'opposer nos peurs

Il a aussi critiqué le nationalisme, dont s'est revendiqué plusieurs fois ces dernières semaines Donald Trump, qui écoutait le président français aux côtés de près de 70 autres chefs d'Etat ou de gouvernement.  "Le patriotisme est l'exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison", a dit le président français.  

En mémoire de "l'immense cortège des combattants" de la Grande guerre, "venus du monde entier, parce que la France représentait pour eux tout ce qu'il y avait de beau dans le monde", il a appelé ses pairs à refuser "la fascination pour le repli, la violence et la domination".   "Souvenons-nous ! N'oublions pas !", a-t-il plaidé, "cent ans après un massacre dont la cicatrice est encore visible sur la face du monde". "Puisse ce rassemblement ne pas être seulement celui d'un jour". 

Durant ces quatre années, l'Europe manqua de se suicider

"Durant ces quatre années, l'Europe manqua de se suicider", a poursuivi le chef de l'Etat, qui a rendu hommage à "l'espérance pour laquelle toute une jeunesse accepta de mourir, celle d'un monde enfin rendu à la paix", pour terminer par un plaidoyer pour les institutions internationales, l'Europe d'aujourd'hui et l'ONU.  "Cela s'appelle, sur notre continent, l'amitié forgée entre l'Allemagne et la France (...). Cela s'appelle l'Union européenne, une union librement consentie jamais vue dans l'Histoire et nous délivrant de nos guerres civiles. Cela s'appelle l'Organisation des Nations Unies". 

"C'est cette certitude que le pire n'est jamais sûr tant qu'existent des hommes et de femmes de bonne volonté", a-t-il dit.  Il a aussi dénoncé l'état d'esprit "qui alimente les contre-vérités, accepte les injustices nourrit les extrêmes et l'obscurantisme".  

Les invités de l'émission spéciale

Stéphane Audouin-Rouzeau (historien), Clémentine Vidal-Naquet (historienne), Gerd Krumeich (historien allemand), Jean-Yves Le Naour (historien), Cynthia Fleury (philosophe) et Bernard Guetta (journaliste).

Ils ont dit : 

Stéphane Audouin-Rouzeau : "L’armistice n’est pas la paix, c’est la première étape de la construction d’une paix à venir." 

Bernard Guetta : "On est en plein dans le passé, on dit armistice oui mais elle a modelé un siècle de guerre et de conflits".  

Stéphane Audouin-Rouzeau : " Pétain reste la personnalité centrale d’après un  sondage BVA à 1 point devant Clémenceau, je suis frappé de cette place qui m’a beaucoup surpris"

Clémentine Vidal-Naquet : "On a longtemps imaginé que c’était un moment d'émancipation des femmes, en fait  il faut tempérer l’idée d’émancipation massive des femmes pendant la guerre "

Stéphane Audouin-Rouzeau : "le 11 novembre c’est d’abord un paysage sonore, les cloches et les chants, L a Marseillaise et le Chant du départ". 

Bernard Guetta : "Souvenons-nous de la Yougoslavie, parce que la guerre ça peut arriver demain matin en trois minutes"

Lorsque les chefs d’état et de gouvernement sont arrivés sous la canopée devant l’arc de triomphe, Bernard Guetta : "Ils marchent pour la paix, il y a quelque chose de très très fort"

Au moment de l'arrivée de Vladimir Poutine, Bernard Guetta : "Aujourd’hui il y  a deux dossiers brûlants, la Syrie et l’Ukraine, Macron et Poutine essaient de trouver des chemins de sorties et donc oui il y a 1 importance"

Gerd Krumeich : " C’est du pur franco français, le monde entier s’est rassemblé et on a attendu la Marseillaise, on devrait entendre autre chose"

Après le discours du président de la République 

Gerd Krumeich : "Il y a des lacunes dans ce discours, pourquoi les soldats allemands sont morts eux. Il aurait dû dire que même les soldats allemands sont morts pour la partie. Il n’a pas cité une fois les Etats Unis. Il n’a pas dit un mot des Etats Unis. Il n’y a pas un mot de gratuit là dedans". 

Bernard Guetta : "Macron a tenté de reposer la France en soldat de l'idéal"

Cynthia Fleury : "On a laissé de côté le rôle des écrivains, au front bien sûr, mais après, au moment de la sortie de la sidération. Les écrivains sont là parce qu'à un moment donné ceux qui ont vécu ne peuvent pas raconter." 

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