Au début des années 2000, parler du rap revenait à parler du rap conscient. Le propre du rap était de faire réfléchir, de dénoncer les injustices, et de transmettre un message. Le gangsta rap lui, existe depuis toujours... Une série écrite par Eric et Quentin avec Juliette Fievet, réalisée par Jérôme Chélius

Kery James, Booba et Rohff
Kery James, Booba et Rohff © Getty

Début 2000, dire que le rap était conscient pouvait s'assimiler à un pléonasme. Le cahier des charges des textes de rap se devait forcément d'intégrer : paroles réfléchies, dénonciation des injustices, tentatives d'éveil de conscience et message universel fédérateur. 

À cette époque, de nombreux rappeurs semblaient pointus sur des sujets politiques, voire géopolitiques même parfois, et n'hésitaient pas à transformer leurs couplets en thèse, antithèse et synthèse. D'ailleurs, bon nombre de ces textes sont aujourd'hui étudiés dans les collèges et lycées de France. Certains professeurs ayant reconnu la qualité, tant sur le fond que la forme des écrits des rappeurs. 

Même si le rap gangsta existe depuis toujours, avec notamment des groupes tels que Tout Simplement Noir, Timide et sans Complexe, Ministère Amer, ou même Ideal J… il n'en reste pas moins qu'une nouvelle génération reprend le flambeau d'une façon parfois même plus virulente que leurs prédécesseurs. 

Ces artistes plus jeunes sont marqués par les injustices incessantes et réagissent suite aux émeutes de 2005, entre autres, en changeant le fusil d'épaule. Il ne s'agit plus de faire la morale pour changer le monde, mais plutôt de raconter la vie des quartiers en se vantant tantôt de la réussite liée aux économies parallèles, tantôt en faisant l'apologie de l'illicite. Plus question de raisonner des gens qui ne veulent pas entendre des paroles conscientes. L'idée est bel et bien de gagner un maximum d'argent pour ne plus être asservi aux règles des puissants. 

Depuis le terrain vague de Porte de la Chapelle, les rappeurs aiment se challenger, se tester, voire se clasher pour déterminer qui est le meilleur. On appelle cela de l'ego trip, texte qui consiste à se vanter et à faire savoir au monde à quel point on excelle. Ce qui était un exercice de style à travers un titre unique sur un album, est devenu au fur et à mesure du temps une branche musicale, dans le rap ou l'art de puncher, se vanter et se faire narrateur du pire de la rue sans aucune autre réflexion. Le Gangsta rap, fer de lance de l'entertainment.

Ils racontent

  • Oumar Samaké, Producteur et fondateur du label SPKTAQLR
  • Kool Shen, du groupe NTM
  • Daphné Weil, directrice associée de Demolition et Daylight et manageuse de Lino
  • Kery James, rappeur
  • Rim'K, du 113
  • Cut Killer, DJ et producteur
  • Carlos Leal, Sens Unik
  • Rockin' Squat, du groupe assassin
  • Abd Al Malik, chanteur, écrivain et slameur
  • Rohff, rappeur
  • Sans Pression, groupe de rap canadien
  • Myriam Fehmiu, présentatrice de l'émission Rapophonie sur Radio Canada
  • Geos, animateur sur Couleur 3
  • Fuzati, rappeur

Dans cette émission vous entendrez

  • Kery James - racailles
  • Assassin - L'odyssée suit son cours
  • Kool Shen / Akhenaton / Lino / Disiz La Peste / Nekfeu / Sneazy / Sadek / Soprano / Dry / Nessbeal / S.Pri Noir / Still Fresh / Taïro - Marche
  • Booba, Feat. Kayna Samet - Destinée
  • Rohff - En mode 3
  • Sans Pression - Vagabond Ma Religion
  • Souldia Feat. Infrak - Rap Kriminel
  • Booba - Ouest Side

Une série en 9 épisodes des médias francophones publics proposée par Eric Metzger et Quentin Margot avec Juliette Fiévet, Réalisé par Jérôme Chélius
 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.