Au milieu des années 90, le rap est devenu populaire et surtout lucratif. Les maisons de disques y voit un marché porteur et décide d'investir en masse, à mille lieux de l'altruisme initial des valeurs du hip hop. Une série écrite par Eric et Quentin avec Juliette Fievet, réalisée par Jérôme Chélius

Booba à l'U Arena
Booba à l'U Arena © Getty

Certains artistes ont réussi très tôt à sortir leur épingle du jeu en faisant, par la même occasion, polémique. Qui disait, à l'époque, succès commercial, disait manque d'authenticité. Toujours est-il qu'au début des années 90, loin d'être le premier rappeur belge, Benny B et son DJ, Daddy K contribuent à populariser et vulgariser le rap grâce au titre Mais vous êtes fous.

Ce titre fut produit et développé à Bruxelles par Olivier Verhaeghe qui créa le label Vie Privée pour lancer ce qui deviendra certainement le tube le plus contesté de l'univers hip hop. Le succès de Benny B est tel qu'il dépasse allègrement les frontières de la Belgique en s'invitant sur les plus gros plateaux télés francophones de l'époque.

Cette énorme exposition médiatique n'a pas échappée aux producteurs de disques de l'époque. La nécessité de développer un business florissant donne à certains l'idée de rendre le rap encore plus accessible en l'édulcorant avec de la dance.

Le tube mondial de Technotronic, Pump up the jam est à lui seul l'incarnation de cette volonté d'industrialiser à grande échelle le rap. Le pari : s'infiltrer dans les très snobs soirées parisiennes, mais surtout dans les kermesses et campings de province entre Cloclo et la danse des canards.

Au milieu des années 90, le rap est devenu populaire et surtout lucratif. Les maisons de disques y voit un marché porteur et décident d'investir en masse à coup de stratégie artistique et marketing, à mille lieux de l'altruisme initial des valeurs du hip hop. Le rap prend son indépendance au dépend parfois de l'authenticité.

Delabel investit sur IAM, Sony sur NTM, Polydor sur MC Solaar, entre autre. L'assise financière des Majors et leur capacité à presser des disques de façon réactive et en masse a fini par convaincre les médias qu'un business plan était envisageable et par conséquent rentable pour tous.

La création de label indépendants

Le premier label de rap en Europe, Ghetto Youth Progresss est créé par le très sulfureux compositeur et producteur Rudlion qui en 1994 produisait déjà en indé des artistes tel que Melaaz, Tonton David ou Expression Directe.

Du côté de la Belgique ça ne chôme pas non plus, notamment grace aux multiples activités du légendaire crew CNN, qui monte aussi son propre label en 1995, Shams Records. Et pendant ce temps là, au Canada, le groupe Muzion explose et signe chez Sony BMG Entertainment.

Les rappeurs sont des capitalistes de droites qui pensent être de gauche - Sear, fondateur du magazine Get Busy

Booba, Kery James, PNL, Jul et beaucoup d'autres ont réussi à monter des empires qui n'ont rien à envier aux loups de Wall Street, tout en n'oubliant jamais d'ou ils viennent

Ils racontent

  • Isha, rappeur belge
  • Benny B, rappeur belge
  • Daddy K, DJ
  • Akro, du groupe Starflam
  • Cut Killer, DJ et producteur
  • Emmanuel de Buretel, directeur de Delabel
  • JoeyStarr, du groupe NTM
  • Carlos Leal, Sens Unik
  • Rival, rappeur et leader de CNN
  • Myriam Fehmiu, présentatrice de l'émission Rapophonie sur Radio Canada

Dans cette émission vous entendrez

  • Benny B - Vous êtes fous       
  • Technotronic - Pump up the jam       
  • Mc Solaar - Bouge de là        
  • Alliance Ethnik Vinia Mojica - Respect       
  • IAM - Je danse le MIA       
  • NTM - Nouvelle Attack Terroriste sur 24 pistes       
  • Sens Unik - Le Repas       
  • Muzion - C'est pas un hasard       
  • PNL - J'suis QLF       
  • Booba - 92i Veron       
  • Jul - Fait d'Or

Une série en 9 épisodes des médias francophones publics proposée par Eric Metzger et Quentin Margot avec Juliette Fiévet, Réalisé par Jérôme Chélius

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