Arab Reporters for Investigative Journalism (ARIJ) est un regroupement de reporters arabes pour le journalisme d’investigation. Ce consortium est le premier du genre dans la région. Il nous donne l'occasion de revenir sur l'affaire récente des Panama Paper's.

La publication des Panama Paper’s a mis en exergue l’existence du Consortium international des journalistes d’investigation. La coopération entre journalistes a montré toute sa puissance et elle se développe de plus en plus, à travers le monde. Qu'en est-il du côté des pays arabes ?

Arab Reporters for Investigative Journalism (ARIJ), est le premier réseau régional de soutien des médias. Il s’agit d’une association des reporters arabes pour le journalisme d’investigation, basée à Amman. Son but est de promouvoir le reportage d’enquête. On a rencontré Rana Sabbagh , qui pilote ce consortium de journalistes, pour en savoir un peu plus. A commencer par les pays concernés :

Rana Sabbagh
Rana Sabbagh © Radio France

C’est un groupe de soutien des médias de 9 pays arabes : Jordanie, Syrie, Liban, Egypte, Tunisie, Yémen, Bahreïn, Irak et Palestine. On accueille des journalistes qui veulent mener des enquêtes, on étudie leur sujet, on évalue le risque et on leur propose des formations aux médias pendant 5 jours. Et puis, accompagné d’un coach, ils construisent leur reportage. Ils peuvent aussi le soumettre à avocat pour avoir son avis avant publication .

L’investigation et la liberté de la presse est vraiment le cheval de bataille de Rana Sabbagh. Et elle est très critique sur la manière dont les médias arabes ont réagi au moment des révélations des Panama Paper’s. Pour elles, les médias arabes ont tiré sur le messager

Au lieu de soutenir les journalistes et de publier les noms des hommes politiques ou des hommes d’affaires impliqués, la plupart des journaux ont protégés les responsables, dans leurs pays. Par exemple, l’Egypte, qui a de très mauvaises relations avec le Qatar, n’a parlé que des révélations sur le Qatar dans le cadre des Panama Paper’s. Mais ils n’ont rien dit sur les responsables impliqués en Arabie Saoudite ou dans les Emirats arabes. Au lieu de dénoncer les personnes malhonnêtes, les journalistes arabes tirent sur le messager.

Et c’est par exemple exactement ce qui s’est passé en Tunisie, seul pays où le média qui a sorti l’affaire, le site internet Inkyfada, est l’objet d’une plainte devant la justice. L’un des journalistes de ce site fait partie du consortium de journalistes à l’origine des Panama Paper’s. Au lendemain de la publication du scandale d’évasion fiscale, ce site a été l’objet d’une cyberattaque assez violente. Malek Khadhraoui , directeur de ce média en ligne, est revenu sur cette longue, très longue journée du 5 avril dernier.

Au lieu de parler du fond du sujet, c’est-à-dire, des révélations autour de Mohsen Marzouk , un ancien directeur de campagne du président tunisien actuel, tous les autres médias ont préféré remettre en cause la crédibilité d’Inkyfada, comme nous le raconte le directeur de ce site.

L’investigation en Tunisie fait encore peur. Mais on peut dire quand même que cette année ce pays a gagné 30 places dans le classement mondial de la liberté de la presse, publié par Reporter sans frontière. Et enfin, la Tunisie est en première position au niveau des pays arabes.

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