Les piratages informatiques sont de plus en plus nombreux... Les sites de différents ministères peuvent en être la cible. Dans ce contexte, les responsables de la Défense mettent en place une Réserve de Cyberdéfense Opérationnelle. Une première en France.

Les Forces armées veulent pouvoir s’appuyer sur un réservoir de près de 4000 Français, plus précisément, des étudiants en informatique, appelés en renfort en cas d’attaque informatique pour restaurer le réseau hacké. Ces étudiants seront amenés à suivre des formations spécifiques ou des entraînements en conditions réelles, comme le DEFNET2015, qui s'est déroulé en mars dernier :

Cette réserve vient-elle combler un manque et si oui, lequel ? L'armée n'a-t-elle pas ses propres forces cybernétiques, en cas d'attaques informatiques ? Tout d’abord, restaurer les réseaux une tâche très longue et fastidieuse… Les rares spécialistes de la cyberdéfense, en cas d’attaque, n’ont pas forcément de temps à consacrer à ce travail rébarbatif. Ensuite, c’est surtout une question de gros sous. L’armée a du mal à recruter de jeunes ingénieurs informatiques.

Et c'est une question de salaire, même s'il y a eu une petite évolution du côté de l’Agence national de la sécurité des systèmes d’information ( ANSSI), qui recrutent pour ce type d’attaque. L’ANSSI a fait un effort, ces dernières années, pour relever ses salaires. Cela dit, c’est encore en dessous de près 3000 euros, par rapport à la rémunération moyenne que proposent les entreprises privées aux étudiants. Et face à une concurrence féroce, ce n’est pas négligeable, comme le souligne Joël Courtois , directeur général de l’EPITA, l'école de l'intelligence informatique :

Les boîtes américaines viennent recruter en France. Depuis trois ans, plus de 20% de la promotion part à l'étranger. A 22 ans, se voir recevoir un billet d'avion, pour un stage à 6000 dollars par mois, avec derrière une embauche à 100 000 dollars par an, en Californie... Cela peut être tentant, non ?

L'Armée française essaye alors de tirer son épingle du jeu, en jouant sur la fibre nationale, comme c'est le cas pour cette réserve de cyberdéfense. Et elle se rend dans les écoles, en jouant la carte de la séduction, comme n’importe quelle autre entreprise :

Ils viennent devant des amphis remplis de jeunes prêts à être embauchés : c'est un vrai show à l'américaine ! À l'ANSSI, maintenant, ils ont des goodies, des pin's, des carnets, des stylos... Comme un service de ressources humaines d'une entreprise qui veut se donner les moyens d'embaucher. Ils ont un discours très sympathique, une vrai connaissance du programme des écoles... C'est le travail normal de séduire pour un recruteur. Aujourd'hui l'ANSSI n'envoie pas deux personnes des ressources humaines pour faire un petit blabla.

Une évolution à noter : les filles sont de plus en plus nombreuses dans les écoles en informatique. Elles n'étaient que 4% il y a encore quelques années, à l’EPITA par exemple : aujourd'hui, elle sont maintenant 12%. Et contrairement aux garçons plutôt intéressés par l’intelligence artificielle et les jeux vidéos, les filles semblent être plus attirée par... la cyberdéfense.

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