Mesdames et messieurs les auditeurs, Alors qu’il faisait très beau sur Paris le 14 mars de cette année, la pollution de l’air a fait disparaître la tour Eiffel. Mais si ce n’était que la Tour Eiffel ! Selon l’Agence européenne de l’environnement, la pollution de l’air tue un demi-million d’européens chaque année. Après la criminelle utilisation des gaz toxiques au 20ème siècle, les pays industrialisés se gazent eux-mêmes au 21ème siècle dans un grand processus indolent et incontrôlé.

Et quelle est la réponse légale à cette situation ?

D’abord, la réponse européenne, assez molle : En mai 2011, la Commission européenne saisit la Cour de Justice de l’Union contre la France pour dépassement des seuils de pollution de l’air. 40 mois après, comme l’avion de la malaysian air lines, ce procès a purement et simplement disparu des écrans de contrôle. Le mois dernier, interrogée par l’Angleterre sur le caractère obligatoire des seuils de qualité de l’air, la même Cour de Justice affirme que les valeurs règlementaires maximales de dioxyde d’azote « ne peuvent pas être dépassées». « Une valeur maximale ne peut pas être dépassée» : voilà une solution juridique qui fait avancer le problème !

Mais pire encore : non seulement nous ne parvenons pas à respecter des seuils généreusement fixés grâce à l’action des lobbys, mais les valeurs maximales d’émission des particules ultrafines, les nanos-particules, les plus toxiques, celles qui ont fait disparaître la tour Eiffel, ces valeurs ne sont pas règlementées. Il faut sans doute, pour ces particules-là, des textes finement ciselés, longs à écrire…

Enfin, côté français, pour étouffer le débat, si plusieurs dizaines de milliers de personnes intoxiquées veulent intenter un procès, elles ne le peuvent pas : il n’y a pas de vraie action collective en France. Et la fameuse Loi Hamon a exclu de son domaine la santé et l’environnement. Et puis : comment - et à quel prix ? Prouver la causalité entre pollution et maladie ? Et qui attaquer en justice ? L’Etat, pour ne pas avoir fait respecter une législation trop souple ?

N’attendons rien des autorités publiques sur ce sujet. Seule nous redonnera de l’air la mise en place citoyenne et organisée de comportements collectifs de dépollution : covoiturage, carburants alternatifs, vélo, marche à pied ou même : voiture à cheval !

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