Mesdames et Messieurs les auditeurs,

Panthéonisation Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Jean Zay
Panthéonisation Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Jean Zay © Radio France / Anne Douhaire

Si je vous annonce que Geneviève Anthonioz de Gaulle et Germaine Tillion ne sont pas au Panthéon, vous allez me traiter d’affabulateur.

Le Président de la République lui-même n’a-t-il pas annoncé lors de cette cérémonie tenue il y a dix jours: « Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion, Jean Zay, prenez place, c’est la vôtre !» ?

N’a-t-on pas vu, à la télévision, quatre cercueils sous quatre photos suspendues entre les colonnes du temple de la rue Soufflot ?

Et n’a-t-on pas souligné que l’entrée de deux femmes au Panthéon signait la fin des 20 ans de solitude de Marie Curie ? (Sophie Berthelot n’y repose depuis 1907 qu’en tant qu’épouse de Marcelin Berthelot).

Hélas pour la vérité !

Geneviève Anthonioz De Gaulle repose toujours depuis 2002 près de son mari, dans un petit cimetière de Haute Savoie.

Quant aux cendres de Germaine Tillion , elles demeurent depuis 2008 au cimetière de Saint Maur des Fossés, dans le Val de Marne.

Mais alors, nous aurait-on menti ?

Panthéon Pierre Brossolette, Germaine Tillion
Panthéon Pierre Brossolette, Germaine Tillion © Radio France / Anne Douhaire

Et les femmes entreront-elles jamais au Panthéon ?

Un texte juridique a créé cette cérémonie.

Un décret présidentiel du 7 janvier 2015, qui déclare :

« Un hommage de la Nation à la mémoire de Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay aura lieu au Panthéon.Le transfert des cendres de Pierre Brossolette et Jean Zay au Panthéon est autorisé. »

En d’autres termes, l’Etat n’a pas eu l’autorisation des familles pour transférer les restes des deux résistantes au Panthéon.

Le Président de la Vème République n’a pas le droit d’imposer une exhumation, y compris pour consacrer des héros de la Nation.

L’hommage n’en demeure pas moins réel, par son aspect liturgique, des paroles officielles, et la présence de véritables cercueils.

Et cette mise en scène juridique est universelle : L’ethnologue Marcel Griaule , qui a étudié les Dogons, population du Mali, est enterré en France depuis 1956.

Il n’en a pas moins une deuxième tombe en pays Dogon, sous forme de poupée funéraire à son effigie reposant dans une caverne sacrée.

N’est-ce pas finalement le cas de Germaine Tillion , qui fut elle aussi ethnologue, et dont l’effigie repose dorénavant dans notre caverne du Panthéon ?

pays dogon
pays dogon © / Caillard
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