Mesdames et Messieurs les auditeurs,

Si d’aventure vous circulez en voiture aux Etats-Unis, sachez qu’en cas de contrôle, les automobilistes doivent laisser leurs mains visibles, le plus souvent sur le volant, au risque de se voir tirer dessus par la police. Car, vous le savez, aux Etats-Unis, les armes sont en vente libre. La « boîte à gants » peut donc être une « boîte à flingues ».

Et c’est la loi depuis 1791 !

Le deuxième amendement à la constitution garantit à tout citoyen le droit de détenir et porter des armes. Et la Cour Suprême va plus loin encore : il est constitutionnel d’utiliser son arme en cas d’autodéfense. C’est la culture des Etats-Unis : 300 millions d’armes en circulation (plus que de personnes adultes), 80 morts par jour par armes feu. Mais qu’en est-il de la retenue, du sang froid ? De nombreux citoyens, soutenus par le très populaire lobby des armes, incitent les Etats à adopter des lois floues sur la notion de légitime défense : il suffit de se sentir menacé, ou de voir son bien menacé, pour avoir le droit d’ouvrir le feu mortellement. La Floride a été le fer de lance de cette doctrine, contre l’avis même des professionnels. Par exemple, le chef de la police de Miami, estime que ces lois sont:

« inutiles et dangereuses car elles encouragent les gens à utiliser une réponse potentiellement mortelle dans des cas où elle ne devrait pas l’être. »

Garder son sang-froid et sa faculté de juger devient alors inutile puisque la disproportion de la réponse est juridiquement encouragée !

En France, le port d’armes et l’autodéfense ne sont pas des droits constitutionnels.

Non seulement le droit de porter ou transporter une arme est extrêmement limité, mais la légitime défense est une notion très restrictive. En France, on est poursuivi pour homicide si l’on tue quelqu’un pour un geste anodin mal interprété. On ne peut pas invoquer le seul sentiment subjectif de « menace » pour échapper aux poursuites pénales.

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, pays de toutes les démesures, c'est l'idée même de justice qui est littéralement passée par les armes.

Au nom de la Loi.

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