Attention Mesdames et Messieurs les auditeurs, la séquence suivante peut choquer la sensibilité :

Aimé-Nicolas Morot, Médée, 1876, Musée barrois
Aimé-Nicolas Morot, Médée, 1876, Musée barrois © / Ji-Elle

Mars 2002 :Audrey, 21 ans, accouche dans les toilettes, puis dit à sa mère , qui est dans l’appartement :"va chercher un sac poubelle".

La mère s’exécute, Audrey place le nouveau-né dans le sac , le rends à sa mère et lui dit : "je n’en veux pas, fais en ce que tu veux." La mère étouffe alors le bébé et abandonne le corps dans une maison en ruines.

Résultat : 15 ans de prison pour Audrey, 18 ans pour sa mère.

Un cas exceptionnel de récidive

Fin 2010 : Audrey, 30 ans, sort de prison , avec obligation de soins . Les psychiatres estiment qu’elle ne présente pas de risques de récidive.

Octobre 2011 : Audrey accouche d’un bébé, le noie dans le bac à douche, puis place le corps au congélateur.

Novembre 2012 : Audrey accouche d’un bébé, le noie dans le bac à douche, puis place le corps au congélateur.

Résultat : 23 ans de prison, le 5 mars dernier devant la Cour d’Assises de l’Ain.

Audrey déclarera à l’audience :"Parfois j’ouvrais la porte du congélateur pour les toucher, leur dire que je les aimais, pour m’excuser, mais c’était trop tard "

Médée (esquisse) au Palais des beaux-arts de Lille.
Médée (esquisse) au Palais des beaux-arts de Lille. © / Eugène Delacroix

Pour les psychiatres : "Audrey esttrop fragile pour être considérée comme pleinement responsable de ses actes .Elle est fragilisée par son enfance, abandonnique ,incapable de gérer la contraception .Il lui estimpossible d’être mère car cela la renvoie à la sienne, froide, épouvantable .Ce qu’il aurait fallu, à défaut d’une stérilisation, qu’on ne peut pas imposer légalement, c’est un suivi de sa contraception avec un test sanguin de grossesse tous les deux mois". __

Cas exceptionnel de récidive , alors qu’il a été reconnu à l’audience qu’elle avait une altération du discernement au moment des actes , ce qui est une cause d’irresponsabilité pénale, Audrey a été condamnée à 23 ans de prison le 5 mars dernier.

Elle a décidé de se faire stériliser.

C’est pour elle le début de la sagesse.

Elle a jusqu’au 15 mars pour faire appel de sa condamnation à une peine aussi lourde qu’absurde.

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