Mesdames et Messieurs les auditeurs,

La méthode fiscale luxembourgeoise est sur la sellette ! Alors que son territoire est aussi grand que les Yvelines et ses ressortissants moins nombreux que les niçois ... on se bouscule pour y entrer !

D’ailleurs 75 000 français y travaillent dans des conditions satisfaisantes puisque le salaire minimum est d’environ 2 000 €. Et tous les grands de ce monde y ont élu domicile : Amazon, Ikéa, Appel, BNP Paribas, Axa, le Crédit Agricole, et j’en passe puisqu’elles sont plus de 340 multinationales ! Domicile….fiscal bien sûr.

Ah ! Comme elle est forte, l’odeur de la défiscalisation ! Comme elle attire le profiteur comme la lumière le papillon ! Car voici un vrai paradis où l’impôt qui devrait être versé par ces grands groupes à leur pays d’origine s’évapore naturellement au contact de montages juridiques subtils et complexes qui occupent des milliers de luxembourgeois et de travailleurs étrangers ! J’ai dit l’impôt qui devrait être versé par ces grands groupes… mais en est-on si sûr ? Car cet impôt théorique, dont on dit qu’il s’évapore lorsqu’il est cuisiné à la luxembourgeoise, il s’évaporerait aussi beaucoup plus loin : A Singapour, par exemple, cuisiné au Wok !

Chacun ses trous noirs fiscaux ! Chacun ses paradis ! En droit fiscal international, qui va donner des leçons de morale ? Les Etats, qui ponctionnent à tout va depuis des années pour des résultats insignifiants ? En vérité, les spécialistes s’accordent à dire deux choses gênantes :

La première, c’est que la pratique luxembourgeoise n’est pas illégale. La deuxième, c’est qu’il est naïf de penser y mettre fin facilement

Car il faudrait taxer les revenus là où ils sont géographiquement réalisés, alors même que la pratique des multinationales consiste justement à s’implanter là où les profits sont moins taxés. Et que toute expansion économique porte en germe la possibilité de « trouver mieux ailleurs ».

En réalité, la pratique fiscale luxembourgeoise est bien connue depuis de nombreuses années. C’est donc une potion amère mais réchauffée que les médias servent à Monsieur Juncker en guise de verre de l’amitié. Comment, Mesdames et Messieurs les auditeurs, « qui est Monsieur Juncker ? » Mais c’est le Président de la Commission européenne, depuis le 1er novembre dernier. Et c’est aussi l’ancien premier ministre du Luxembourg !

Voir aussi : Luxembourg, le coffre-fort secret des multinationales.

Et l'explication du Monde : comment le Luxembourg aide les entreprises à s'exiler ?

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