Mesdames et Messieurs les auditeurs,

Jules César
Jules César © radio-france

Huit hommes soupçonnés d’avoir participé à desfouilles archéologiques illégales sont aujourd’hui jugés devant le tribunal correctionnel de Dijon.

Parmi ces mercenaires de la poêle à frire magnétique, plus couramment appelée« détecteur de métal » , l’un deux a révélé avoir découvert en 2012 dans un champ Bourguignon environ 2.000 pièces de monnaie gauloise en argent, et les avoir revendues.

C’est franchement illégal : «fouilles clandestines» et «vol de mobilier archéologique» peuvent valoir jusqu’à 7 ans de prison et 100.000 € d’amende.

Mais pour mieux apprécier la juste peine à infliger au délinquant, un détour de 2.067 ans est nécessaire :

Les archéologues supposent que cette monnaie, absolument unique en son genre, aurait été émise directement par César pour « récompenser les mercenaires gaulois qui l’ont aidé durant le siège d’Alésia en 52 avant notre ère».

Le prix de la trahison, en quelque sorte.

Car il faut rappeler quela défaite d’Alesia signe le début de la gallo-romanité , c’est à dire la protection – ou l’effraction c’est selon - d’un Empire dans notre roman national éclaté en tribus batailleuses.

Et comme le champ dans lequel ont été retrouvées les monnaies est situé à45 km du site d’Alesia , on peut supposer que l’un des collabos les aurait soustraites à ses complices puis enterrées dans l’espoir d’en profiter plus tard : un vrai western gaulois.

Et voici que deux mille ans plus tard , un lointain descendant idéologique de ces mercenaires a repéré le magot, l’a déterré et l’a vendu sur internet.

Alors de quoi s’agit-il ?

De ladissipation d’un trésor archéologique du patrimoine national ?

De la disparition d’argent vraiment sale, puisque recyclé deux fois à deux mille ans d’intervalles par des gaulois sans scrupules ?

Ou de la réintroduction dans le circuit économique global du prix de la perte de l’indépendance de la Gaule – Prix estimé par les archéologues à quelques centaines de milliers d’euros, ce qui n’est pas suffisant pour que l’Empire de l’Union européenne nous accorde un satisfecit budgetae (excusez mon latin) – autrement dit un satisfecit budgétaire ?

Quoi qu’il en soit, à l’heure où les détecteurs de métaux sont en vente libre,

Et où les dépenses françaises sont surveillées de Bruxelles par un ancien ministre des finances gaulois,

Il serait injuste de faire porter aux accusés du procès de Dijon le poids dela trahison d’Alesia.

Dans l'exposition Astérix à Alésia du mythe à la réalité
Dans l'exposition Astérix à Alésia du mythe à la réalité © AD/France Inter
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