Mesdames et messieurs les auditeurs

Stress, impossibilité de prévoir son emploi du temps, dépendance au téléphone dans l’attente d’un sms pour savoir où et quand on va travailler : voilà le nouveau système anglais pour officiellement remettre les chômeurs de longue durée au travail : le contrat zéro heure !

Aucune heure de travail garantie. Mais le salarié est obligé de travailler quand l’employeur l’appelle ... pour ne travailler en moyenne que 25 heures par semaine et l’impossibilité de prévoir son salaire mensuel.

Outre-manche, 1 million et demi de travailleurs sont concernés par ce système . Des emplois subalternes pensez-vous ? Pas du tout ! Tous les emplois sont concernés, y compris de cadres. Toutes sortes d’entreprises utilisent ces contrats, y compris les plus prospères qui pourraient pérenniser l’emploi par des contrats à durée indéterminée.

the symbol of justice, with the sword and the scales, is seen in a lawyers cabinet in nice
the symbol of justice, with the sword and the scales, is seen in a lawyers cabinet in nice © reuters

La fameuse croissance anglaise est à ce prix :la soumission, le stress et de la déstructuration sociale . C’est le retour de l’esclavage et du travail dit journalier, ces travailleurs à qui l’on donnait du travail au jour le jour, souvent dans les champs ou les docks. Même les plus libéraux des anglais trouvent cette loi shocking , un peu exagérée. Ils promettent de la réformer…l’année prochaine.

Possible en France ?

Mesdames et messieurs les auditeurs, une chose pareille est-elle possible en France ? Non, deux fois non. D’abord, il existe de règles spécifiques pour les contrats de travail à temps partiel :

  • 24h par semaine- Répartition écrite des jours de travail dans la semaine

On peut modifier ces règles, mais alors il faut prévoir des horaires réguliers et une possibilité de cumul d’emploi. Et surtout,le contrat « zéro heure » est juridiquement nul en droit français . En effet, un contrat suppose une contrepartie : je te donne un salaire et tu me donnes ton travail en te rendant disponible. Là, l’équilibre contractuel est faussé, car on exige la disponibilité sans garantir le travail.

Ce soit disant contrat illustre donc la face la plus destructrice du libéralisme. L’exploitation éhontée du faible par le fort sous un habillage déshonorant le droit anglais et le droit tout court. Phénomène dénoncé par Jaurès il y a plus de cent ans : « le libéralisme, c’est le renard libre dans le poulailler libre ».

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