Mesdames et Messieurs les auditeurs,

Suite au texte voté le 7 avril par l’Assemblée Nationale , la Mairie de Paris estime que la première des « salles de shoot » pourrait voir le jour début 2016.

Pour les uns, il s’agit d’unetransgression : La loi interdit l’achat, la vente, la détention et la consommation de drogue – alors pourquoi la loi l’autoriserait, et qui plus est sur des fonds publics ?

Mais d’abord, est-ce nouveau que la loi transgresse la loi ?

Non ! le droit est sinueux, et parfois même tordu : on préfère alors parler « d’exception » plutôt que de « transgression » .

Par exemple, la qualité de chirurgien agissant dans le cadre d’un acte médical indispensable à la vie empêche d’être poursuivi pour mutilation volontaire en cas d’amputation.

Que la loi fasse exception à la loi est banal

La question serait plutôt, s’agissant de cette exception-transgression nouvelle du « droit de se droguer » , de savoir dans quel lieu elle s’exercera.

Dans un lieu banal ? Les riverains n’en veulent pas : fréquentation, installation de dealers, dépréciation de l’immobilier.

Dans un hôpital ? Non plus, car les toxicomanes sont intoxiqués volontairement et consciemment, à l’opposé de malades dignes de ce nom.

C’est doncentre deux mondes que la première salle de shoot devrait voir le jour début 2016 : dans une rue , mais adossée à un Hôpital .

Et la Mairie de Paris précise qu’on n’y entrera ni par la rue, ni par la porte principale de l’hôpital, mais par le côté, véritablemise en scène du « droit de se droguer », droit un peu tordu, honteux : oblique.

C’est là que, selon la loi, sera

autorisée la consommation des substances illicites apportées par les toxicomanes, sous la supervision de professionnels de santé et du secteur médico-social. » et que « nul ne pourra y être poursuivis pour usage, complicité et détention illicite de stupéfiants.

Il va sans dire qu’il ne s’agira pas d’y fumer tranquillement de l’herbe , mais de procéder par injections de drogue dures.

C’est pourquoi la légalisation des salles de shoot reste malheureusement un signal fort en faveur des drogues dures si elle n’est pas accompagnée d’un assouplissement de la législation sur le cannabis .

Voilà un paradoxe supplémentaire de ce droit tordu .

Two wealthy Chinese opium smokers
Two wealthy Chinese opium smokers © / Fae
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