Tout avait merveilleusement commencé pour François Fillon : les autres candidats de la primaire de la droite l'avaient sous-estimé et à la fin du mois de novembre 2016, le candidat remportait la primaire de la droite.

L’éternel numéro 2, le terne et sérieux Fillon, l’homme intègre et droit, allait, contre toute attente, être le président en mai 2017 - pensait-on alors ! La France qui n’avait jamais eu le courage de faire les réformes nécessaires allait se donner (disait-on à droite) un homme à poigne mais qui, contrairement à Nicolas Sarkozy, n’est pas du genre à jouer du menton autoritaire et finalement à ne rien faire de déterminant. Il serait, à n’en pas douter, opposé à Marine Le Pen, au second tour, et bien que peu apprécié de la gauche, il gagnerait parce qu’au-delà de son programme en forme de purge et de conservatisme, la personnalité de l’homme était respectable, anti-bling bling. Cet ancien séguiniste avait maintenant des idées bien à droite mais avait montré par le passé qu’il savait négocier et respecter les corps intermédiaires… Et puis la France était à droite, la gauche avait eu sa chance et l’avait gâchée, c’était donc au tour de la droite… Personne ne savait alors que les scénaristes de Baron Noir ou d’House Of Cards étaient des nains sans imagination face à ceux de la réalité et du destin politique français…

Pour revenir sur cette défaite impossible, Thomas Legrand a invité Patrick Stefanini, qui fut le directeur de campagne du candidat Fillon. Il est l'auteur, avec Carole Barjon de Déflagration … le titre est explicite !