Marine Le Pen a réalisé un bon score au premier tour, mais elle ne se sera pas approchée du pouvoir... Pourquoi Marine le Pen n’a pas pris le vent de l’histoire (qui semblait pourtant souffler dans son sens) ?

Marine Le Pen le 23 avril : la candidate du Front National avait réuni 21,3% des électeurs
Marine Le Pen le 23 avril : la candidate du Front National avait réuni 21,3% des électeurs © AFP / Alain Jocard

Pour revivre la campagne de la candidate Bleue Marine, Thomas Legrand reçoit Florian Philippot, ex-numéro deux du FN et inspirateur de la stratégie et de la ligne politique de ce parti jusqu’à son départ après les dernières législatives

"Les circonstances"

Les hommes et les femmes politiques, c’est bien connu, sont les acteurs plus que les auteurs de l’histoire... encore faut-il qu’ils sachent leur rôle et qu’ils s’en saisissent ! 

Le scénario de la présidentielle de 2017 semblait écrit pour Marine Le Pen et ce qu’elle représentait dans sphère politique française… La première place au premier tour, et un rôle central dans l’opposition post 2017 lui était promis - ou, pourquoi pas, la victoire ! Les « circonstances », comme disait le général de Gaulle, semblaient pouvoir être réunies en faveur de la candidate du FN… 

Une vague de populisme traverse l'Europe... voire plus loin

En 1978, après avoir raté, de justesse, la majorité aux législatives, François Mitterrand, avait dit, s’inspirant de Gramsci, que la majorité culturelle, 10 ans après 68, était à gauche et que, par conséquent, la victoire politique ne tarderait pas… En 2017, le vent de l’histoire soufflait dans le sens de Marine Le Pen : le Brexit en Angleterre, la progression partout en Europe de mouvements de gauche, de droite, inclassables mais qui tous en appelaient au peuple, proposaient une forme de nationalisme ou de souverainisme, tantôt avec des valeurs très conservatrices, voire réactionnaires, tantôt avec des idées plus sociales, ou les deux réunies, mais toujours en réaction à une construction européenne vécue comme dominée, soit par un libéralisme anglo-saxon soit par un capitalisme rhénan, sous la férule austéritaire de Berlin. 

Autre thème  : la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis consacrait le triomphe de l’antisystème et de la transgression anti-élite - cela même que Jean-Marie Le Pen, puis Marine Le Pen, incarnaient en France depuis longtemps. 

Partout dans le monde, de la Russie à l’Indonésie en passant par la Turquie, des pouvoirs forts semblaient avoir l’assentiment des peuples… pourquoi ce mouvement mondial épargnerait-il la France  ?

Et en France ?

D’autant qu’en rompant vraiment avec son père, en se déclarant pour la laïcité républicaine, Marine le Pen se débarrassait des vieux démons maurassiens de son parti qui lui barraient, à coup sur, la route du pouvoir. Elle se voulait l’héritière du gaullisme et plus des tenants de la France des pétainistes et de l’Algérie Française… et puis il y avait l’actualité, les attentats, la vague migratoire... Dans le monde intellectuel, l’émergences de voix dites "anti-politiquement correct", "anti-bien-pensance".

Marine Le Pen réalisera un bon score au premier tour,  mais elle ne se sera pas approchée du pouvoir. Qu'est-ce qui a pêché ? Est-ce que la candidate n'était pas à la hauteur ?

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