Tout avait merveilleusement commencé pour François Fillon, grand vainqueur de la primaire de la droite contre toute attente… et puis (c'est le propre des élections telles que celle-là), rien ne s'est passé comme prévu et François Fillon allait perdre cette élection… À cause des affaires ? Pas sûr.

François Fillon et sa femme, Pénélope
François Fillon et sa femme, Pénélope © AFP / Irina Kalashnikova / Sputnik

Pour revenir sur cette défaite impossible, Thomas Legrand reçoit Patrick Stephanini, qui fut le directeur de campagne du candidat Fillon, auteur, avec Carole Barjon de Déflagration (le titre est explicite !)

Tout avait merveilleusement commencé pour François Fillon…

Les autres candidats de la primaire de la droite avaient sous-estimé François Fillon, qui venait de remporter la compétition interne à leur camp. Quatre millions d’électeurs s’étaient déplacés en cette fin novembre 2016 - soit un million de plus que pour la primaire qui avait désigné, en 2011, François Hollande, élu président l’année suivante. 

En cette fin d’année 2016, François Fillon était donc un candidat à la présidentielle auréolé d’une puissante autorité et d’une légitimité à toute épreuve pour aborder le scrutin phare de nos institutions. 

On savait bien que l’élection de 2017 réserverait des surprises…

Il en est ainsi, depuis quelques années, dans toutes les démocraties occidentales. Et la surprise, croyait-on encore, était là devant nos yeux. L’éternel numéro 2, le terne et sérieux Fillon, l’homme intègre et droit, allait, contre toute attente, être le président en mai 2017 ! La France qui n’avait jamais eu le courage de faire les réformes nécessaires allait se donner (disait-on à droite) un homme à poigne mais qui, contrairement à Nicolas Sarkozy, n’est pas du genre à jouer du menton autoritaire et finalement à ne rien faire de déterminant. 

Il serait, à n’en pas douter, opposé à Marine Le Pen, au second tour, et bien que peu apprécié de la gauche, il gagnerait parce qu’au-delà de son programme en forme de purge et de conservatisme, la personnalité de l’homme était respectable, anti-bling bling

Cet ancien séguiniste avait maintenant des idées bien à droite mais avait montré par le passé qu’il savait négocier et respecter les corps intermédiaires… 

Et puis la France était à droite, la gauche avait eu sa chance et l’avait gâchée, c’était donc au tour de la droite… 

Personne ne savait alors que les scénaristes de "Baron noir" ou d’ "House of Cards" étaient des nains sans imagination face à ceux de la réalité et du destin politique français…

François Fillon allait perdre cette élection… à cause des affaires ? Pas sûr… Personne aujourd’hui ne peut affirmer que la grande aspiration au «  dégagisme  » qui a porté Emmanuel Macron, n’aurait pas aussi fini par balayer François Fillon, notable du monde politique depuis ses 26 ans, quelques mois plus tard. 

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