Durant sa campagne, le grand orateur aura réussi l'exploit de concerner deux populations qui avaient déserté les urnes : les jeunes et les classes populaires. Avec 19,5% des voix au premier tour, Jean-Luc Mélenchon fait un score respectable... mais pas suffisant pour gagner.

Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation
Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation © AFP / Bertrand Langlois

Pour retracer le parcours de Jean-Luc Mélenchon pendant cette saison électorale 2016/2017, Thomas Legrand reçoit Éric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis : il fut l’un des principaux animateur de la campagne aux côtés du candidat Mélenchon.

Le retour de la jeunesse en politique

Jean-Luc Mélenchon aura produit (avec Emmanuel Macron et toutes les proportions gardées qui distinguent une victoire d’une défaite), l’une des deux réussites de cette campagne. Arrivé au premier tour à près de 20%, en quatrième position mais dans le mouchoir de tête, le vieux leader de gauche a su créer autour de sa candidature une dynamique impressionnante. 

Depuis des années tous les grands partis, tous les candidats aux élections nationales cherchent à raccrocher les wagons avec deux catégories de la population qui avaient, largement désertées le débat politique et les bureaux de votes  : les classes populaires et les jeunes. Jean-Luc Mélenchon, le plus âgés des grands candidats, aura réussi à intéresser, puis ramener à la chose publique, une partie de la jeunesse que l’on disait définitivement perdue pour l’engagement politique. 

Ça aura été, avec une année de recul, l’apport le plus important (avec le renouvellement idéologique de la gauche) du candidat de La France Insoumise à cette période… 

Les candidats en juin 2016 

Un an avant l’élection, Jean-Luc Mélenchon est le premier des candidats importants à se mettre sur les rangs 

À ce moment-là, la primaire de la droite bat son plein (le scrutin n’aura lieu qu’en novembre) 

  • Alain Juppé tient la corde 
  • Nicolas Sarkozy n’a pas dit son dernier mot
  • Personne n’imagine que François Fillon puisse être qualifié. 

À gauche, chacun se demande quand François Hollande va se déclarer et s’il acceptera de se plier à la primaire de la gauche… À cette époque, encore fortement marquée par les attentats, l’idée selon laquelle Marine le Pen pourrait bien arriver en tête du premier tour avant de se faire battre au second, sans doute par Alain Juppé, domine… 

Quand à Emmanuel Macron, il est toujours ministre de l’Économie, mais vient de créer un mouvement : En Marche ! Est-il l’arme secrète de François Hollande pour tenter une nouvelle candidature affublée de son jeune protégé ? Ou alors est-ce l’instrument mis en place par le ministre de l’économie pour se présenter à la présidentielle avec l’ambition de faire un bon score pour préempter l’opposition de centre-gauche, contre la droite à qui la victoire ne peut pas échapper ? 

On était vraiment dans le flou. 

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