Aujourd’hui et demain, retour sur l’un des évènements les plus tragiques de l’histoire de la Ve République, le putsch des généraux en Algérie : c’était en avril 1961.

Le général Jouhaud (à gauche) aux côtés des généraux putschistes Raoul Salan, Maurice Challe, et André Zeller, à Alger, le 25 avril 1961, 72 heures après le début du putsch
Le général Jouhaud (à gauche) aux côtés des généraux putschistes Raoul Salan, Maurice Challe, et André Zeller, à Alger, le 25 avril 1961, 72 heures après le début du putsch © Sipa / DALMAS

Raconter cet événement, c’est se replonger dans les humeurs et les questionnements de l’armée française prise par le vertige d’une époque qui s’éteint, celle de l’empire colonial français. Quand éclate le putsch, voilà sept ans que les combats font rages dans les départements d’Algérie. En 1958, déjà, c’est l’armée qui donne à la 4ème République son coup fatal en participant activement aux journées du 13 mai et en appelant au retour du Général de Gaulle. L’opération est un succès. La République cède. Et le 29 mai, le président Coty fait appel à l’homme du 18 juin.

Six jours plus tard, De Gaulle lance à la foule d’Alger « Je vous ai compris ». Comprenne qui pourra. Trois ans après ce discours, les orientations du général ne sont déjà plus du goût des partisans de l’Algérie Française. En septembre 1959, le président De Gaulle avait annoncé son choix de l’autodétermination pour mettre fin au conflit en Algérie. En janvier 1961, près de 75% des Français en métropole et en Algérie le soutiennent. Les négociations s’organisent, Evian est choisi pour accueillir les différentes délégations. La fin de la guerre s’approche mais dans la soirée du 21 avril 1961, certains généraux et militaires investissent en Algérie les lieux de pouvoir. Alors pendant quatre jours et cinq nuits, on retient son souffle… A Paris comme à Alger, on s’interroge : qui cédera ? L’armée se dressera-t-elle contre le général ? La France va-t-elle sombrer dans la guerre civile ?

Demain, au cours de la fiction du vendredi, c’est au cœur d’une section, par les mots des appelés et d’un chef zélé, que nous revivrons les errements et les questionnements de l’armée. Aujourd’hui, c’est au cœur du pouvoir que nous allons suivre les évènements : à Paris auprès de Pierre Racine, le directeur de cabinet de Michel Debré, et à Alger avec le directeur de l’information de la radio d’état, Jacques Coup de Fréjac… mais surtout auprès de Jean Morin, délégué général en Algérie, dont vous entendrez les souvenirs lus, extraits de son ouvrage "De Gaulle et l’Algérie".

Benjamin Stora, directeur du Musée de l'histoire de l'immigration, le 25 septembre 2014
Benjamin Stora, directeur du Musée de l'histoire de l'immigration, le 25 septembre 2014 © Sipa / IBO

Pour nous accompagner pendant ces deux jours : Benjamin Stora, l’un des grands historiens de la guerre d’Algérie, auteur de nombreux livres sur le sujet dont le dernier est une bande dessinée "Histoire dessinée de la guerre D’Algérie" co-écrit avec Sébastien Vassant aux Éditions du Seuil.

Vidéo INA :

►►►ET AUSSI | Affaires sensibles : découvrez l'appli Affaires sensibles, une collection d'histoires vraies à lire sur votre mobile.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.