Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, en Inde, la ville de Bhopal à 600 km au sud de Delhi découvre avec horreur le revers du miracle industriel. Un nuage toxique s’empare des rues de la capitale de l'État du Madhya-Pradesh et fait des milliers de morts. Son origine ? L’usine de pesticides Union Carbide.

Bhopal, 4 décembre 1984, des victimes devenues aveugles après l'explosion d'un réservoir de stockage de l'usine de pesticides d'Union Carbide visible à l'arrière-plan
Bhopal, 4 décembre 1984, des victimes devenues aveugles après l'explosion d'un réservoir de stockage de l'usine de pesticides d'Union Carbide visible à l'arrière-plan © AFP / STR / AFP

Cette usine ouverte a été ouverte quatorze ans plus tôt grâce à un partenariat avec les Etats-Unis. Dans ses locaux, des ouvriers indiens y fabriquaient de l’isocyanate de méthyle ou MIC. Une solution chimique qui se transforme en gaz mortel si elle chauffe. De la dynamite liquide. Cette nuit de décembre 1984, 25 000 personnes perdent la vie dans des conditions atroces, victimes de l’un des plus graves accidents industriels de tous les temps. Depuis, les damnés de Bhopal continuer de revendiquer leurs droits et de lutter contre l’entreprise américaine qui nie toutes responsabilité. C’est David contre le géant chimique Goliath. Trente-six ans après la catastrophe, l’eau des nappes phréatiques d’une partie de la ville est toujours contaminée, les enfants jouent dans des déchets toxiques et les nouveaux nés présentent de graves anomalies de santé. 

Un récit documentaire de Constance Vilanova 

Invité : 

Javier Moro, écrivain espagnol et co-auteur avec Dominique Lapierre de Il était minuit cinq à Bhopal paru chez Robert Laffont (2001)

Programmation musicale : 

  • Anoushka Shankar/Norah Jones/Nitin Sawhney : The sun won't set (2019)
  • Alison Mosshart : It ain't water (2020)
  • Gael Faye : Lundi méchant (2020)
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