Au soir du 29 mai 2005, les Français viennent derejetermajoritairement le traité établissant une Constitution pour l’Europe disant « Non, nous ne poursuivrons pas dans cette voie ». Les Français, comme d’autres citoyens de l'Europe, lancent un avertissement sans précédent aux institutions de Bruxelles et aux partis politiques. C’est une rupture majeure sur ce long chemin entamé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par des pays autrefois belligérants, aujourd’hui amis dans leurs rêves d'union.

Europe
Europe © créative commons / Sébastien Bertrand

Pourtant, cette constitution ne devait être qu’une formalité. Au printemps 2004, les pronostics sont très favorables au « oui ». Les deux grandes formations politiques, l’UMP et le PS, sont majoritairement pour. Ce texte, tout en compromis et lourdeurs institutionnelles, devait passer comme une lettre à la poste. Du moins, c’est ce que tous s’imaginaient, politiques, observateurs, journalistes, instituts de sondages... Mais les Français se sont emparés du débat qui a permis de poser des questions fondamentales sur l'économie, la démocratie, les institutions. Cette agora a duré un an, de l’annonce du référendum jusqu'au jour du vote. Séquence politique mémorable durant laquelle se sont surtout exprimées les craintes d’une France plongée, déjà, dans la crise économique et sociale. Ce « non », les institutions européennes l’accepteront un temps pour l’oublier très vite avec des traités de remplacement, contre la volonté des peuples. Ce déni de démocratie marquera les institutions européennes au fer rouge. C'est à cette Europe-là, technocratique et libérale, voir ultra-libérale, que les Français ont dit non le en mai 2005.

Invité

Dans le cadre de notre partenariat avec Libération , Laurent Joffrin sera présent en direct pour apporter un nouvel éclairage sur cette rediffusion.

Pour écouter l'interview d'origine :

Ce scrutin laissera beaucoup de traces, également à l’intérieur des familles politiques avec son cortège de rancœurs et de divorces…

Jean-Luc Mélenchon , député européen, ancien président du Parti de Gauche, fut l’un des acteurs principaux de la campagne et de la victoire du « non » à ce référendum.

Archive INA

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