De 1982 à aujourd’hui, de sa conception à son exploitation : la Grande Arche de la Défense, ce projet architectural est marqué par une sorte de sortilège, de malédiction ...

La Grande Arche de la Défense - 1er juin 2015
La Grande Arche de la Défense - 1er juin 2015 © Maxppp / PHOTOPQR/LE PARISIEN - OLIVIER BOITET

« Le Cube », « La Grande Arche », « L’ Arche de la Défense », « L’ Arc de triomphe de l’Humanité », ou encore « L’ Arche de la fraternité »…

Il suffit parfois de s’intéresser au vagabondage sémantique d’une œuvre pour en soupçonner la complexité : celle qu’on appelle aujourd’hui la Grande Arche de la Défense en fournit une belle illustration. Ces différentes nominations successives témoignent d’une histoire heurtée, trouble, chaotique. De 1982 à aujourd’hui, de sa conception à son exploitation : ce projet architectural est marqué par une sorte de sortilège, de malédiction.

Le savent-ils, ces centaines de milliers de personnes, qui chaque jour traversent l’immense parvis du quartier d’affaires parisien, que l’Arche qui les domine est en déliquescence ? Que l’ascenseur central n’est toujours pas fonctionnel ? Que le marbre des parois menace de s’effondrer ? Que le toit et sa vue splendide sur tout Paris est inoccupée ? Sans doute que non …

On ne s’arrête plus devant cet incroyable monument … C’est là toute la réussite -paradoxale- de la Grande Arche : s’inscrire avec une telle fluidité dans l’espace qu’on finit par vous oublier.

Paradoxe. Voilà sans doute le mot juste au moment de raconter l’histoire de ce chantier symbolique de la politique des Grands travaux du Président François Mitterrand. D’un côté, il y a l’unanimité des spécialistes, des critiques, des citoyens : il s’agit sans doute de l’ouvrage le plus réussi de ce programme. De l’autre, c’est l’œuvre qui présente, en coulisse, la genèse la plus compliquée. Au cœur de cette affaire, un homme oublié, Johan Otto von Spreckelsen, l’architecte danois resté dans l’ombre. L’Histoire de la Grande Arche nous plonge donc au cœur de la saga des grands projets mitterrandiens, à un moment charnière, celui du passage d’un volontarisme politique en matière de culture à la résignation face aux impératifs économiques.

En deuxième partie d’émission, nous recevrons Laurence Cossé, écrivaine, auteur du roman La Grande Arche, publié en 2016 aux éditions Gallimard et qui raconte l’incroyable destin de Johan Otto von Spreckelsen et de son œuvre.

Vidéo INA

►ET AUSSI | Affaires sensibles : découvrez l'appli Affaires sensibles, une collection d'histoires vraies à lire sur votre mobile

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.