1996 les emplois fictifs de la Mairie de Paris

Jacques Chirac et Alain Juppé à Bordeaux le 25 mai 2001.
Jacques Chirac et Alain Juppé à Bordeaux le 25 mai 2001. © Maxppp / Fabien COTTEREAU/BEP/SUD OUEST

la Fiction vous propose «D’une cassette à l’autre : 1996-Les emplois fictifs de la mairie de Paris »

  • Une émission proposée par Christophe Barreyre
  • Écrite par François Pérache
  • Réalisée par Cédric Aussir

L’histoire que nous allons vous raconter aujourd’hui est réellement « abracadabrantesque »…L’action se déroule pour l’essentiel de 1995, lorsque le juge d’instruction à Nanterre est saisi d’une affaire de versements de salaires à des permanents du RPR par la ville de Paris sous les mandats municipaux de Jacques Chirac, alors président de la République.

Mais dans la réalité, l’enquête a duré plus de quinze ans, de 1995 à 2011, date à laquelle l’ancien chef de l’État passera en jugement dans cette « vieille affaire » des emplois fictifs de la mairie de Paris !

Il faudra attendre le 8 novembre 2010, pour que Jacques Chirac soit renvoyé en correctionnelle pour « prise illégale d’intérêt ». Il comparaîtra devant le tribunal le 8 mars 2011, son immunité présidentielle ne pouvant plus le protéger.

Ces affaires et ces accusations sont bien sûr sérieuses, puisque c’est dans le dossier des emplois fictifs que plusieurs condamnations ont été prononcées en 2004 notamment à l’encontre de l’ancien premier ministre Alain Juppé.

Extrait du scénario

3 - JUGE CORMON (NARRATEUR) A l’époque presque personne n’avait entendu parlé d’« emplois fictifs ». Depuis, l’expression a fait florès... La technique de financement était pourtant presque toujours la même depuis le milieu des années 80 : harceler des patrons d’entreprises du BTP pour exiger qu’ils prennent en charge des salaires de permanents de partis politiques, en échange de marchés publics. Louise-Yvonne Casetta, comme Jean-Claude Méry, était un des rouages de cet immense mécanisme. Pas la tête pensante, non : la cheville ouvrière disons. En bonne exécutante, elle couvrira pendant des années ses supérieurs, même quand ils la lâcheront. Pourtant, Eric Halphen puis moi n’avions pas ménagé nos efforts. On savait qu’on tenait quelque chose

4 BUREAU DU JUGE CORMON (5 décembre 96)

On entend la greffière taper le PV pendant l’interrogatoire.

JUGE CORMON

Connaissez-vous Jean-Pierre Belin, le PDG de l’entreprise « Montreuil Bâtiment »?

LOUISE-YVONNE CASETTA

Non.

JUGE CORMON

Son directeur commercial, Gérard Bernadi, vous a-t-il appelée?

LOUISE-YVONNE CASETTA

C'est possible. Mais il ne peut pas dire qu'il m'a eue au téléphone.

JUGE CORMON (qui enchaîne immédiatement)

M. Bernardi dit qu’il vous - -

LA GREFFIERE (discrètement)

Pardon, pas trop vite s’il vous plaît, Monsieur le juge...(reprend sa saisie) « Il ne peut pas dire qu’il m’a eue au téléphone ». Voilà, pardon.

JUGE CORMON (un peu plus lentement)

M. Bernardi, donc, directeur commercial de l’entreprise « Montreuil Bâtiment », dit qu’il vous a remis une enveloppe en mains propres.

LOUISE-YVONNE CASETTA

Il ne m'a jamais remis d’enveloppe.

Notre invité Thierry Lévêque

Thierry Lévêque
Thierry Lévêque © Thierry Lévêque

Thierry Lévêque est journaliste depuis 30 ans, ancien de l’agence de presse Reuters, devenu indépendant et spécialisé dans les affaires judiciaires. Il est accrédité au Palais de justice de Paris depuis de nombreuses années où il a suivi les grands procès criminels des années 1990 et 2000, de Carlos à Guy Georges, de Fourniret au sang contaminé en passant par les affaires de la mairie de Paris, les dossiers Elf ou Clearstream. Il a écrit trois essais:

Le scénariste François Pérache

François Pérache, scénariste.
François Pérache, scénariste. © Radio France / Cédric Aussir

Après une formation d’ingénieur, François Pérache travaille dans le secteur politique puis comme analyste médias au service d’information du gouvernement. Pendant ses 18 mois passés à l’Élysée sous le second mandat de Jacques Chirac, il met en place le dispositif d’analyse de l’opinion sur le web. En 2007, après des années de pratique amateur, François décide de se consacrer entièrement au métier d'acteur. Il entreprend une nouvelle formation de 3 ans à l’École Claude Mathieu et s'est notamment produit depuis dans de très nombreux projets de théâtre (Novarina, Horvath, Brecht, Labiche, Erdman, Collodi, De Luca, Hugo...) au cinéma et à la télévision ("Engrenages ", "Un Village français ", "Tunnel ", "Les Hommes de l'Ombre ", "Fais pas ci, Fais pas ça", "Glacé"...). Il a également participé à l'enregistrement d'une quarantaine de fictions radiophoniques pour France Inter et France Culture. Il est l'auteur de la série politique"57, rue de Varenne", réalisée par Cédric Aussir, qui a reçue le prix Europa 2014 de la meilleure série radio européenne. François a reçu en 2015 le prix "Nouveau Talent Radio" de la SACD.

Générique

« D’une cassette à l’autre » / 1996 – Les emplois fictifs de la Mairie de Paris de François Pérache

Avec :

  • Jean Cormon : Christophe Reymond

  • Claire : Judith Davis

  • La Greffière : Nicole Dogué

  • Louise Yvonne Casetta : Christine Gagnieux

  • Le Rédacteur en chef : Antoine Doignon

  • Le Patron de la PME (jp belin) : Philppe Pierrard

  • Jacques Vergès : Alain Libolt

  • Le Permanent RPR : Yves Heck

  • La Standardiste : Maya Boquet

  • Bruitages : Sophie Bissantz

  • Prise de son / Montage et Mixage : Marie Lepeintre et Eric Villenfin

  • Assistante à la réalisation : Clémence Gross

  • Réalisation : Cédric Aussir

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Programmation musicale:

  • Chris ISAAK "Baby did a bad thing"
  • Stephan EICHER "Des hauts, des bas"
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