Comment, en une heure, le 31 octobre 1956, la France a perdu l’influence patiemment tissée en un siècle et demi. Sur les bords du Nil, son nom est honni, son prestige, ruiné.

Le président égyptien Gamal Abdel NASSER annonçant la nationalisation du canal de Suez à une foule de 250.000 personnes lors d'une célébration du 4ème anniversaire de la révolution du 26 juillet 1956.
Le président égyptien Gamal Abdel NASSER annonçant la nationalisation du canal de Suez à une foule de 250.000 personnes lors d'une célébration du 4ème anniversaire de la révolution du 26 juillet 1956. © Getty / Keystone-France/Gamma-Keystone

Aujourd’hui dans Affaires Sensibles, l’histoire d’un fiasco franco-britannique : l’expédition de Suez lancée à la suite de la nationalisation du canal par le président égyptien Gamal Abdel Nasser.

« Un seul Bosphore avait suffi jusqu’ici aux embarras du monde : vous en avez créé un second, bien plus important que l’autre car il ne met pas seulement en communication deux parties de mer intérieure ; il sert de couloir de communication à toutes les grandes mers du globe.». C’est ainsi qu’Ernest Renan accueillit à l’Académie le fondateur du canal, le français Ferdinand de Lesseps. Quelques décennies plus tard, pendant l’automne 1956, comme il l’avait prophétisé le canal de Suez devient « un champ de bataille » où s’échouent les ambitions françaises et britanniques.

Suez, c’est la fin d’une époque, celle du délitement de l’influence française et britannique au Moyen-Orient. Certes, l’Algérie n’est pas encore indépendante, mais les combats font rages depuis deux ans déjà. À l’inverse, le Maroc et la Tunisie tracent désormais leurs destins sans la métropole. Côté britannique, même constat. En juin 1956, quelques jours avant l’élection de Nasser, les derniers soldats de la couronne ont quitté l’Egypte. Quelques mois plus tard, Français comme Anglais pensent pouvoir redevenir les maitres sur les lieux mais l’allié américain et la communauté internationale en décideront autrement. Jusqu’au bout, le français Guy Mollet et le britannique Anthony Eden penseront agir de façon juste face aux aspirations du chef égyptien qui, grâce à cet événement, devient l’un des personnages les plus influents du Moyen-Orient de l’après-guerre. L’histoire leur a-t-elle donné raison ?

Au cours de cette émission, nous allons revenir sur les évènements connus à l’époque, la bataille diplomatique et militaire, officielle et médiatisée, ainsi que sur les tractations secrètes que le temps et le travail des historiens ont permis de dévoiler. Parmi ces historiens, nous avons la chance d’accueillir Denis Lefebvre qui revient longuement sur cette histoire, ses mystères et ses conséquences dans l’ouvrage "Les secrets de l’expédition de Suez" édité chez Perrin.

Armand de Blanquet du Chayla, ex-ambassadeur de France au Caire :

En une heure, le 31 octobre 1956, la France a perdu l’influence patiemment tissée en un siècle et demi. Sur les bords du Nil, son nom est honni, son prestige, ruiné.

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