Le 14 juillet dernier, à Téhéran, en plein mois du Ramadan, ils ont attendu le soir, que la nuit tombe et que le jeûne se rompe et ils sont descendus dans la rue. Ils étaient des milliers de jeunes iraniens à envahir les grands axes de la capitale. Comme après une victoire sportive ou une élection. Scènes de liesse, sourires, drapeaux brandis ou encore signe du V avec les doigts… Ils venaient fêter la signature, le matin même, des accords de Vienne sur le nucléaire entre l’Iran et les pays du P+5, les cinq membres du conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne. Accords qui ouvrent la porte à la levée des sanctions économiques, ces mesures qui asphyxient l’économie iranienne depuis une décennie.

Manifestation des supporteurs de Mir Hossein Moussavi durant la campagne électorale, 2009
Manifestation des supporteurs de Mir Hossein Moussavi durant la campagne électorale, 2009 © CC-BY-SA 2.0 [protected] from Tehran, IRAN

Parmi ces jeunes, combien étaient-il, six ans auparavant, en 2009, à manifester dans tout le pays contre le scandale électoral qu’ils venaient de subir ? Sans doute beaucoup. À l’issue de l'élection présidentielle du 12 juin 2009 et de la réélection frauduleuse de Mhamoud Ahmadinejad, des millions d’Iraniens manifestent. Pendant plusieurs semaines, la République des Mollah et son Guide suprême, l’Ayatollah Khamenei, tremblent face à cette vague de contestation. Alors comme d'habitude, en Iran, la répression s'abat sur ce peuple qui a osé contester le pouvoir.

En Iran, peut-être plus qu’ailleurs, il faut se prémunir de notre grille de lecture occidentale. Face à une société complexe, où les femmes sont contraintes de porter le voile mais sont plus nombreuses que les hommes à l’Université, où la scène culturelle explose alors que des réalisateurs sont emprisonnés, où le suffrage universel est un principe constitutionnel mais les manifestations politiques interdites... Il faut pouvoir lire entre les lignes, tant le peuple iranien et son régime politique unique sont tiraillés, depuis des décennies, entre le désir démocratique et le carcan autoritaire. C’est de là qu’il tire sa richesse, mais aussi ses faiblesses.

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En deuxième partie d’émission, nous recevrons Bernard Guetta , journaliste à France Inter, spécialiste des questions géopolitiques et internationales.

Iran, 13 juin 2009 : la victoire de MhamoudAhmadinejad provoque une émeute chez ses opposants

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