Retour sur la crise des intermittents du spectacle en 2003 dont la paroxysme fut l'annulation du festival d'Avignon, une première historique depuis sa création en 1947.

Des intermittents du spectacle manifestent, le 9 juillet 2003 sur le parvis du palais des papes à Avignon, pour protester contre la réforme de leur régime d'assurance-chômage.
Des intermittents du spectacle manifestent, le 9 juillet 2003 sur le parvis du palais des papes à Avignon, pour protester contre la réforme de leur régime d'assurance-chômage. © AFP / BORIS HORVAT

Dans la nuit du 26 au 27 juin 2003, un nouvel accord modifie les règles pour accéder au régime d’assurance-chômage spécifique aux artistes et aux techniciens du spectacle. Il entraîne un vaste mouvement de grève dans le secteur de la culture.

Paroxysme de cette crise : l’annulation du festival d’Avignon au mois de juillet, une première historique depuis sa création en 1947. Même en 68, le fondateur du festival Jean Vilar avait tenu bon malgré la tempête.

Au début de l’été, tous les regards sont tournés vers la cité des Papes. Car il faut bien comprendre ce que l’événement représente. Le festival d’Avignon est considéré comme le plus grand rendez-vous du spectacle vivant au monde.

Avignon l'épicentre de la contestation

Il y a le festival “in” bien sûr qui accueille les plus grands metteurs en scène. Mais il y a aussi le “off” et ses 600 compagnies. Pour elle, c’est un moment crucial. Le festival est un carrefour indispensable pour se produire devant un large public, et surtout, pour espérer une tournée à venir.

Alors comment ce marché du spectacle pouvait-il échapper à un tel mouvement de contestation ? Rapidement, Avignon devient l’épicentre de la crise des intermittents du spectacle. Sur place, artistes et techniciens sont divisés sur les actions à mener.

Faut-il tout faire pour annuler le festival au risque de pénaliser ceux qui ont besoin de jouer pour survivre ? Ou faut-il jouer et profiter de cette tribune pour se faire entendre ? Le clivage est profond. Il va bousculer les événements de ce mois de juillet.

Se pencher sur cette crise des intermittents en 2003, c’est aussi réfléchir à la place qu’occupe la culture dans notre société. Ce régime, symbole de l’exception culturelle française a été créé par le Front populaire il y a près de quatre-vingts ans. Force est de constater qu’aujourd’hui encore, il fait toujours débat.

Notre invité : Eric Lacascade

Eric Lacascade, comédien et metteur en scène. En 2003, il devait produire Platonov de Tchekov dans la cour d’honneur du Palais des papes. Il a pourtant voté la grève. Il nous racontera comment lui a vécu les événements de l’intérieur.

ERIC LACASCADE, vient de mettre en scène Les Bas-Fonds de Maxime Gorki au théâtre des gémeaux à Sceaux c’était de mars à avril.

Prochaine date à Montpellier du 8 au 10 juin dans le cadre du Printemps des comédiens et puis il y a aussi de nombreuses dates après l’été dans plusieurs villes en France. Toutes les informations sont à retrouver sur son site compagnie-lacascade.fr.

Par ailleurs il a fait paraitre Au cœur du réel, paru chez Actes-Sud au mois de février dernier.

Vidéo INA :

Programmation musicale: CAT POWER "Free" et la Bande originale de "La La Land" Ryan GOSLING et Emma STONE: "City of stars"

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