Aujourd’hui dans Affaires Sensibles : juillet 2004, l’affaire d'une fausse agression antisémite dans le RER D. Invité Pascal Froissart, enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication à l’université Paris 8, auteur notamment de « La rumeur : histoire et fantasmes ».

Marie Leblanc (1er plan), l'affabulatrice du RER D, s'adresse aux journalistes, le 26 juillet 2004 au tribunal correctionnel de Pontoise, au soir de sa comparution pour "dénonciation de délit imaginaire"
Marie Leblanc (1er plan), l'affabulatrice du RER D, s'adresse aux journalistes, le 26 juillet 2004 au tribunal correctionnel de Pontoise, au soir de sa comparution pour "dénonciation de délit imaginaire" © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

C’est l’histoire d’un fait divers qui n'a jamais eu lieu mais qui a pourtant fait la "une" de l'actualité et mobilisé les plus hautes autorités du pays pendant trois jours jusqu'à la découverte de la supercherie. L’histoire surtout d’un « emballement médiatique » exceptionnel – tant et si bien que l’expression semble avoir été inventé pour elle. 

Jamais jusqu’alors, on aura autant débattu sur l'interdépendance entre médias et politiques, sur le statut de victime et son instrumentalisation – sur le métier des journalistes surtout, des « pitbulls aveugles à l’assaut d’une dépêche » diront certains. 

L’affaire du RER D est restée depuis un cas d’école, enseignée aux apprentis journalistes de tout bord : voilà ce qu’il ne faut pas faire, plus faire. L’histoire d’une « fake news » à grande échelle

C’était en 2004, trois jours de juillet où la France entière s’est indignée : une jeune femme de 23 ans affirme avoir été victime d’une agression antisémite dans le RER parisien – une agression d’une violence inouïe. A l’heure de pointe, dit-elle, une bande de jeunes l’attaque, taillade son visage et lui dessine des croix gammées sur le ventre – sans raison apparente sinon qu’ils la croient juive. Dans le wagon, personne ne bouge. Et voilà : en moins de temps qu’il faut pour le dire, politiques et médias dénoncent la lâcheté des français, l’antisémitisme ordinaire, l’insécurité des banlieues. 

Trois jours plus tard, le soufflé retombe : tout le monde est allé, semble-t-il, un peu vite en besogne… 

Invité Pascal Froissart

Pascal Froissart est enseignant-chercheur en sciences de l'information et de la communication à l’université Paris 8, auteur notamment de « La rumeur : histoire et fantasmes » publié en 2010 aux éditions Belin.

Fabrice DROUELLE et Pascal FROISSART
Fabrice DROUELLE et Pascal FROISSART © Radio France / Alix & Valérie Priolet

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Programmation musicale :

  • RED HOT CHILI PEPPERS : Scar tissue
  • TELEPOPMUSIK/MAU : Last train to wherever
  • MEDINE : RER D
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