Aujourd'hui dans Affaires sensibles, une meurtrière au mobile trouble, que la France des années 50 se plut à détester: Simone Deschamps.

Simone Deschamps lors de son procès en 1957
Simone Deschamps lors de son procès en 1957 © bibliothèque nationale de France

Le 31 mai 1957, cette femme de 49 ans, maîtresse d'Yves Evenou, un médecin de Choisy-le-Roi, poignarde la femme de ce dernier de dix coups de couteau, sous les yeux et avec l'aval de son amant. Jalousie, perversité sadique, soumission, emprise : Simone Deschamps ne parvient pas vraiment à expliquer son geste. Et personne ne se montre prêt à la comprendre, à l'écouter. Un acte incompris et incompréhensible, donc, que la presse et la Justice tentent sans succès de faire rentrer dans les clous de l'abomination habituelle, en lui accolant des figures féminines célèbres et stéréotypées : la Bacchante dépravée, Médée ou Clytemnestre qui tuent leurs rivales, la vamp' de films noirs, la sorcière ou bien encore l'hystérique. Mais Simone Deschamps n'est jamais celle que l'on croit, ce qui inspirera à Marguerite Duras cette phrase, à l'occasion de son procès qu'elle couvre comme chroniqueuse judiciaire : 

On n'explique pas les ténèbres

Invitée : 

Coline Cardi, maîtresse de conférences à l’Université Paris 8, sociologue, spécialiste de la déviance et du genre. Elle a dirigé avec Geneviève Pruvost l’ouvrage collectif Penser la violence des femmes, publié en 2012 aux éditions La Découverte.

Un récit documentaire de Jeanne Mayer 

Pour aller + loin : 

Programmation musicale : 

  • Mademoiselle K  : Jalouse (2006)
  • Billie Holiday : I'm a fool to want you (1958)
  • Juliette Armanet : A la folie (2018)
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