C’est un refrain, qu’on a tous en tête, porté par un rythme reggae entraînant… Aux armes… et cætera… La Marseillaise de Serge Gainsbourg est aujourd’hui un classique. Et pourtant, en 1979, quand sort l’album éponyme et sa chanson phare boostée aux rythmes jamaïcain, c’est un scandale assourdissant qui éclate dans la société française. Provocation, outrage, honte nationale : la levée de bouclier touche le pays tout entier. Deux camps se font face : une France qui dénonce l’atteinte à un élément patrimonial intouchable, une autre qui célèbre un acte civique et bienvenu : et pour cause, tout le monde chante à nouveau – et même, se met à danser – sur l’hymne français.

L'album de minuit - Serge Gainsbourg
L'album de minuit - Serge Gainsbourg © Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons / Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons

Au centre de tout cela, l’instigateur, Serge Gainsbourg, 51 ans à l’époque. Il fait coup double : il relance une carrière qui s’essouffle et conquiert un nouveau public. Cet épisode marque une rupture dans sa carrière mais aussi une forme de descente aux enfers. A partir de ce jour, le Gainsbourg timide et pudique laisse place aux Gainsbarre vantard parfois, mais superstar cette fois.

Alors, outrage prémédité ou hommage paradoxal cette version reggae de la Marseillaise par Serge Gainsbourg ? Remontons le fil de cette histoire, pour mieux comprendre ce qui se joue artistiquement et socialement au cœur de cette France de la fin des années 1970 et surtout pour essayer de cerner un chanteur à part, en marge du célèbre triumvirat Brel, Brassens et Ferré. Iconoclaste et inclassable, peut-être le plus talentueux, d’un point de vue musiacla, qu’ait jamais connu la France.

Invité

Bertrand Dicale , journaliste, spécialiste de la musique, chroniqueur à France Info et auteur, notamment, du livre « Gainsbourg en dix leçons », en 2009 chez Fayard.

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