Plongeons au cœur d’un fait divers, un meurtre, différent et pourtant semblable à beaucoup d’autres...

Photo d'illustration. Tribunal de Quimper le 16 décembre 2010. Correctionnel. Assises procès.
Photo d'illustration. Tribunal de Quimper le 16 décembre 2010. Correctionnel. Assises procès. © Maxppp / Béatrice LE GRAND/PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Aujourd’hui Affaires sensibles/la Fiction vous propose 

« Vingt ans et un millième de seconde»

  • Une émission proposée par Christophe Barreyre
  • Écrite par François Luciani
  • Réalisée par Michel Sidoroff

Pourquoi sommes-nous fascinés par les faits divers ?

Ils nous questionnent et nous les questionnons. Du crime, en passant par l’enquête policière, les juges d’instruction, nous suivons ces histoires terriblement humaines comme des feuilletons, qui à chaque épisode nous donnent à comprendre, nous révèlent la part d’ombre de nos sociétés.

Et comme des histoires en deux actes, vient après l’enquête le temps de procès, du jugement.

Dans la présentation du livre "Jours de crimes" de Pascale Robert Diard et Stéphane Durand-Souffland, aux éditions l'Iconoclaste, ils écrivent :  « Les Palais de justice sont l’antichambre du désordre humain, le théâtre de l’extrême et dans ce théâtre là, les récits de crimes, les dialogues, les habitudes, les coulisses, les personnages, accusés, juges, avocats, chroniqueurs… rien ne nous échappe, aucun regard, aucune esquive, aucune ficelle… »

Le procès est un autre temps du fait divers, non celui de l’emballement, des marches blanches, des reconstitutions et de l’enquête, mais il est le temps de la mise à plat des preuves, de la défense, du jugement et de l’espérance de la résolution de l’histoire. Les décors sont toujours les mêmes : le tribunal, la salle d’audience, les galeries des pas perdus. Le calendrier est connu. Les horaires sont fixés. Les témoignages sont annoncés. Et pourtant, il se passe toujours quelque chose dans ces lieux interdits aux caméras. Grâce à une parole, à une preuve, aux questions du juge ou d’un avocat, la vérité surgit, apparaît, non pas seulement celle du crime mais de ce qui a accompagné ces malheurs. 

L’histoire que nous allons vous raconter est adaptée d’un article écrit par notre invitée, Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au journal Le monde, et intitulée la « Bovary de Chambéry » !

Extrait du scénario

Scène n°10 Villa Choiseul Salon 

Louise : Il avait des photos de moi, au lit, avec lui. Tu comprends ? Il menaçait de tout dire, tout balancer. Alors j’ai voulu te protéger, nous protéger, toi, nos enfants, j’ai cédé à son chantage et je lui ai donné la combinaison du coffre…

Charles : Tu croyais sincèrement qu’une telle connerie pourrait marcher ? Tu prends les experts en assurances pour des débiles ?

Louise : Je ne pensais à rien d’autre qu’à le fuir, tout oublier, tout effacer. J’ai eu peur, Charles, tu comprends ?

Charles : Maintenant, il ne te reste plus qu’à récupérer l’argent.

Louise : Mais, comment veux-tu…

Charles : Débrouille-toi. 

Louise : Il n’acceptera jamais…

Charles : Tout dépend sur quel ton tu le lui demandes. Les photos, elles sont où ?

Louise : Chez lui. Dans son portable.

Charles : Tu vas chez-lui, tu les récupères, ok ?

Louise : Seule ?

Charles : Tu ne veux tout de même pas que je t’accompagne ?

Louise : Je n’irai pas. 

Charles : Tu iras avec Jean.  Lui, il saura se faire comprendre.  Ils parlent la même langue.

Louise : Charles savait ce qu’il faisait. C’était comme s’il avait coup d’avance dans une partie d’échecs engagée depuis bien longtemps entre nous…

Charles : Allô Jean ? Tu t’occuperas de lui…

Jean Massimi : D’accord.

Charles : Je voulais la punir. Lui faire payer sa crasse, effacer cette salissure. Dès qu’ils sont partis, je suis allé faire un tour au Rotary, histoire de me montrer…

Louise : Jean est venu me chercher avec son coupé Mercédès et on a pris la direction du  Club de Gym. Il était vingt heures passées, quand nous sommes arrivés,  il n’y avait plus personne dans la salle, sauf lui…

Invitée Pascale Robert-Diard   

Pascale Robert-Diard, journaliste etchroniqueuse judiciaire
Pascale Robert-Diard, journaliste etchroniqueuse judiciaire © Radio France / Christophe Barreyre

Journaliste au Monde depuis 31 ans, Pascale Robert-Diard a été journaliste politique pour la première partie de sa carrière  et chroniqueuse judiciaire pour la seconde. L'envie de suivre et de raconter les procès est née en 1997, lorsque jeune stagiaire elle accompagnait le chroniqueur judiciaire du Monde, Jean-Marc Théolleyre au procès Barbie…Elle vient donc d'écrire « Jours de Crimes » avec Stéphane Durand-Souffland, chroniqueur judiciaire au Figaro, aux éditions l’Iconoclaste. Ils nous livrent des moments de vie intenses et passionnants, Des histoires, des lieux où l’on croise Yvan Colonna, Guy Georges, Michel Fourniret, les accusés d’Outreau, ou les avocats, Henri Leclerc, Georges Kiejman, Eric Dupont-Moretti...

Le scénariste François Luciani

Après avoir été l’assistant de nombreux réalisateurs au cinéma et à la télévision, François Luciani signe son premier film Mémoire d’Amour en 1989. Depuis, il poursuit une carrière de scénariste et de réalisateur, couronné de nombreuses récompenses nationales et internationales. A travers des œuvres telles que L’Algérie des Chimères ou l’Adieu, films référence sur l’histoire de l’Algérie, il explore le lien entre le monde arabe et la France coloniale. Avec le Procès de Bobigny, notamment incarnées par Sandrine Bonnaire et Anouk Grinberg, il illustre l’engagement de Gisèle Halimi et sa lutte contre l’interdiction de l’avortement. Avec Les Camarades, ou l’histoire de six jeunes communistes suivis de 1945 à 1965, il raconte l’espoir d’une jeunesse engagée depuis la Résistance jusqu’à la veille de Mai 68. Co-auteur de la série “l’Instit” pour France 2, il poursuit son exploration de la France contemporaine dans une trentaine de films tels que Notre Juliette, Légende  ou encore Inéluctable, à propos de la sûreté nucléaire. La dernière fiction Direction Paradis s'inspire de son roman Miss bomb paru chez Michalon en 2014. Il vient de faire paraitre Apnée, ou l’aventure de l’immortalité...chez Fauves Editions 

Générique

C'était la fiction Vingt ans et un millième de seconde

de François Luciani

Avec:

  • Sophie Bouilloux : Louise
  • Gérard Cherqui : Jean
  • Sylvain Clément : Charles
  • Gregory Quidel : Lucas
  • Bruitages: Bertrand Amiel
  • Prise de son, montage, mixage : Antoine Viossat, Eric Boisset
  • Assistante à la réalisation : Louise Loubrieu
  • Réalisation : Michel Sidoroff

Programmation musicale:

  • Jorja SMITH/STORMZY Let me down 
  • NEIMO/DANI Où sont mes américaines ?
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