Aujourd’hui dans Affaires Sensibles, Les Duvalier en Haïti : quand Papa Doc meurt en 1971, c’est son fils, bébé Doc qui devient président de la République d’Haïti qui n’a de républicain que le nom. Invitée Catherine-Eve Roupert

Photo non datée de Jean-Claude Duvalier (bas), dit "Bébé Doc", posant avec son père François Duvalier, "Papa Doc", à Port-au- Prince. Bébé Doc avait succédé à son père François Duvalier, "Papa Doc", comme président à vie en 1971.
Photo non datée de Jean-Claude Duvalier (bas), dit "Bébé Doc", posant avec son père François Duvalier, "Papa Doc", à Port-au- Prince. Bébé Doc avait succédé à son père François Duvalier, "Papa Doc", comme président à vie en 1971. © AFP / PORT AU PRINCE, HAÏTI

Le 21 avril 1971, François Duvalier, président d’Haïti depuis 14 ans, meurt. C’est son fils, Jean-Claude Duvalier, qui devient président à sa place. Duvalier fils hérite la fonction de Duvalier père. C’est original dans une république. Encore plus original : Jean-Claude Duvalier est président à vie. La République d’Haïti n’a de républicain que le nom. 

De 1957 à 1986, pendant 29 ans, Haïti, l’un des pays plus pauvres du monde, vit écrasé sous une dictature sanguinaire et délirante, celle des Duvalier. Pour François Duvalier, surnommé Papa Doc, comme pour Jean-Claude, Bébé Doc, une seule chose compte : rester au pouvoir. 

Or, rester au pouvoir en Haïti n’a rien à voir avec soigner les conditions de vie des Haïtiens. Et pourtant les Haïtiens en auraient besoin. 90% d’illettrés dans les années 80, une espérance de vie de 47 ans, la tuberculose, le choléra, bientôt le sida. Ajoutez à cela les ouragans et les séismes et vous aurez, concentrés dans cet État des Antilles, tous les fléaux du Tiers-Monde.

Mais une poignée d’Haïtiens est loin de partager le triste sort de leurs compatriotes. Depuis les hauteurs de Port-au-Prince ou dans leurs villas de Pétionville ou de Jérémie, quelques industriels, militaires et politiques sont à l’abri de la misère. Pire, ils l’exploitent.

Ces quelques multimillionnaires, dans un pays où le revenu annuel moyen dépasse à peine 80$, ont un chef : le président à vie d’Haïti, Bébé Doc. Car être à la tête d’Haïti, c’est être assis sur un trésor : Bébé Doc, comme son père, pioche comme bon lui semble dans les caisses déjà maigres du pays et dirige un vaste système de corruption généralisée. Assommant les Haïtiens par une propagande mégalomaniaque, par l’effroyable milice des Tontons Macoutes et par les rites vaudous, Bébé Doc, pilleur officiel d’Haïti, est installé pendant 15 ans sur le magot qu’il a hérité de son père. Magot qu’il fait éhontément fructifier pour son entourage et pour lui-même…  Jusqu’à sa chute.

Invitée Catherine-Eve Roupert

Catherine Eve Roupert a longtemps enseigné à Port au Prince, elle est auteure de Histoire d’Haïti, La première république noire du Nouveau Monde aux éditions Perrin en 2011; et Le dossier d’Haïti, un pays en périlchez Tallandier en 1988. Elle écrit actuellement une biographie de la famille Duvalier pour les éditions Perrin.

Catherine Eve ROUPERT
Catherine Eve ROUPERT © Radio France / Valérie Priolet

Ressources complémentaires

Interview

René Depestre poète et romancier haïtien, prix Renaudot 1988, qui a connu personnellement Papa Doc, contacté par Romain Weber. 

Programmation musicale : 

  • Wyclef JEAN/Lauryn HILL : Sang fézi
  • Manno CHARLEMAGNE : Le mal du pays
  • Louis CHEDID : Coupe, coupe, tonton-macoute !
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