Aujourd’hui dans Affaires sensibles, un quartier emblématique des grands ensembles à la française: la Cité des 4000. Invitée Annie Fourcaut Professeur émérite d'histoire contemporaine à Paris 1.

Destruction d'un immeuble de la Cité des 4000, par implosion, à La Courneuve en France, le 18 février 1986.
Destruction d'un immeuble de la Cité des 4000, par implosion, à La Courneuve en France, le 18 février 1986. © Getty / Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho

Edifiée au nord de Paris, dans la commune de la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, la Cité des 4000 doit son nom aux quatre milliers de logements qu’elle abrite à sa construction. Achevé en 1964, cet ensemble d’immeubles, barres et tours, a été construit par la Ville de Paris pour débarrasser la capitale des habitants qu’elle ne peut ou veut héberger, ouvriers et immigrés en particulier.

Symbole de la politique urbaine des « grands ensembles de banlieue », ces logements collectifs inspirés par le fonctionnalisme de l’architecture moderne, la Cité des 4000 deviendra vite l’incarnation de son échec. Chômage, racisme, délinquance, viennent progressivement entacher l’idéal de modernité égalitariste et multiculturelle dont les architectes de la cité rêvaient, au tournant des années 1960.

Une histoire d’urbanisme mais surtout, des destins de vie, ceux des habitants des 4000, leurs espoirs, leurs combats, leurs déceptions. 

Une histoire ponctuée par trois dates, et trois prénoms : 1971, 1983, 2005 ; Jean-Pierre, Toufik, Sid-Ahmed. Trois enfants de la cité tués par un mal que 50 ans de politique de la ville ne suffiront pas à apaiser. Un mal qu’on appelle « mal des banlieues », en oubliant parfois que derrière la maladie, il y a ceux qui en souffrent, et qui parfois, en meurent. 

Invitée Annie Fourcaut

Pour parler avec nous de la Cité des 4000, Annie Fourcaut, historienne et professeure à l'université Paris-Panthéon Sorbonne. Spécialiste de l’histoire urbaine du contemporain, elle a notamment travaillé sur la constitution de la banlieue parisienne. « Genres urbains », un ouvrage collectif, hommage à son travail, a été publié en 2019 aux éditions Creaphis. : Genres urbains, sous la direction d'Emmanuel Bellanger, Thibault Tellier, Loïc Vadelorge, Danièle Voldman et Charlotte Vorms; Paris, Créaphis éditions, juin 2019

Reportage d’Anaëlle Verzaux

De nombreuses associations agissent localement pour essayer d’améliorer le quotidien des habitants de la cité. Parmi elles, il y a Asad (Action de Solidarité pour l’Autonomie Durable), créée en 1999 dans le but de dynamiser le quartier avec des animations sociales, sportives, culturelles et ludiques ; et de favoriser la réussite scolaireet sociale des jeunes. Son actuel dirigeant, Ali Dioura, nous invite à un atelier de soutien scolaire. L’objectif, c’est que les jeunes, suivis la plupart du temps de la grande section de maternelle au baccalauréat, obtiennent trois diplômes, le bac, le permis de conduire et le BAFA.

Mais même si ces actions sont importantes, pour Ali Dioura, elles ne doivent pas servir de prétexte au gouvernement pour ne pas agir dans les cités, où les injustices demeurent. 

Programmation musicale :

  • NISKA : bâtiment
  • 4KEUS : Toi ou moi
  • Claude NOUGARO : Bidonville
  • RENAUD : La chanson du loubard
Les invités
  • Annie FourcautProfesseure d’histoire contemporaine à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle dirige le pôle « Histoire sociale de la gouvernance urbaine » du Centre d’Histoire sociale du XXème siècle.
Programmation musicale
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.